Le gouvernement britannique étudie des restrictions, voire des interdictions ciblées, pour les lunettes connectées à caméra. L’effet domino s’accélère.
En bref
- Londres étudie des restrictions ciblées
- La pression réglementaire gagne plusieurs pays
- La caméra cristallise les critiques
Les lunettes connectées ne sont plus un simple gadget sous surveillance. Entre l’Australie, le Royaume-Uni, l’Union européenne et même certaines administrations américaines, le sujet glisse clairement du terrain produit vers le terrain réglementaire. Et pour l’écosystème mobile, ce n’est pas anecdotique.
La méfiance sort du débat pour entrer dans les règles
Au Royaume-Uni, le gouvernement examine des options pour restreindre l’usage des smart glasses dans certains lieux, avec une autre piste, limiter leur vente à certains profils d’utilisateurs. Cette réflexion arrive alors que d’autres verrous existent déjà. En Australie, les lunettes équipées d’une caméra sont interdites dans les espaces de travail gouvernementaux depuis septembre.
L’Union européenne, elle, regarde aussi le dossier, sans mesure officielle à ce stade. La Norvège préparerait de son côté une interdiction temporaire dans l’espace public. Aux États-Unis, l’ICE a déjà banni les Ray-Ban Meta pour ses agents, au nom de la vie privée et de la sécurité. Même le contexte politique américain joue: après la vague bleue des élections de mi-mandat de 2026, la Silicon Valley et l’IA devraient faire l’objet d’un examen plus dur.
Londres vise certains lieux, certains usages, peut-être certains acheteurs
Ce que dit Satvir Kaur, ministre chargée de la protection, est assez net: les bénéfices de ces produits doivent être mis en balance avec leurs effets négatifs. Ce n’est donc pas seulement un débat de principe. C’est déjà une question de politiques publiques, secteur par secteur.
Les tribunaux d’Angleterre et du Pays de Galles ont récemment interdit les lunettes Meta, comme dans l’État de New York. Si quelqu’un entre en salle d’audience avec, elles peuvent être confisquées puis rendues à la sortie. En parallèle, le NHS et le Department for Education travaillent chacun sur leurs propres règles.
L’utilité existe, mais la caméra concentre le rejet
Le vrai nœud, c’est la caméra. Ces derniers mois, les smart glasses comme les Ray-Ban Meta ont subi un retour de bâton public, au point d’hériter d’un surnom franchement toxique, celui de « pervert glasses ». La députée Anne Sabina a relayé des signalements de femmes découvrant, après une soirée, des vidéos d’elles devenues virales sans qu’elles aient su qu’elles étaient filmées, ni donné leur accord.
Mais il y a un autre versant. Satvir Kaur rappelle que caméra et affichage intégré peuvent aider des personnes malvoyantes à se repérer. Meta pousse aussi une autre lecture du marché avec ses Ray-Ban Meta Audio, sans caméra, sur lesquels l’entreprise dit travailler depuis des années avant leur présentation à Meta Connect 2026. Plusieurs journalistes les ayant testées ont salué ce choix, et Amanda Caswell dit même être devenue encore plus convaincue par le produit sans module photo. En gros, la traction commerciale existe peut-être, mais avec une équation plus simple: garder l’assistance, retirer le soupçon.