Le PDG de DuckDuckGo constate une envolée des installations après l’imposition de l’IA par Google

Image d'illustration. DuckDuckGoDuckDuckGo / PR-ADN
Le patron de DuckDuckGo observe une forte hausse des installations de son moteur de recherche depuis la conférence Google I/O, alors que Google impose désormais l’intégration de l’intelligence artificielle sans possibilité de désactivation pour ses utilisateurs.
Tl;dr
- DuckDuckGo connaît un bond d’utilisateurs après Google I/O.
- Les internautes cherchent à éviter la recherche dopée à l’IA.
- La question du choix et de la vie privée revient sur le devant.
Afflux massif vers DuckDuckGo : un effet Google I/O ?
Depuis la dernière conférence Google I/O 2026, un mouvement inattendu s’est dessiné parmi les adeptes de la recherche en ligne. Tandis que Google a mis en avant une intégration accrue de l’intelligence artificielle au cœur de ses résultats, certains utilisateurs semblent moins enclins à suivre cette nouvelle orientation. Chez DuckDuckGo, on observe même une hausse remarquable des installations et du trafic, particulièrement marquée aux États-Unis juste après les annonces de Google. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : du 20 au 25 mai, les installations américaines ont grimpé en moyenne de 18,1 % sur une semaine, atteignant un pic de 30,5 %. Sur iOS, ce phénomène est encore plus accentué — jusqu’à près de 70 % le 25 mai.
L’enjeu du choix face à l’IA généralisée
En réaction aux innovations de Google, bon nombre d’internautes cherchent aujourd’hui des alternatives pour éviter une expérience uniformément imprégnée d’IA. La fréquentation du site noai.duckduckgo.com — où toutes les fonctions basées sur l’IA sont désactivées par défaut — a augmenté en moyenne de 22,7 %, culminant à 27,7 %. Un constat s’impose : cette ruée est nettement plus forte aux États-Unis qu’ailleurs dans le monde. Pour Gabriel Weinberg, fondateur et directeur général de DuckDuckGo, la tendance est claire : « Google force l’intégration de l’IA sans laisser la possibilité d’y renoncer. Résultat, leurs résultats empirent au lieu de s’améliorer. »
Sélectivité plutôt que rejet pur et simple
Pour autant, il serait réducteur d’opposer totalement IA et utilisateurs : chez DuckDuckGo, certaines fonctionnalités font appel à l’IA, mais le choix reste entre les mains des usagers. Comme l’explique Kamyl Bazbaz, responsable communication : « L’un des filtres les plus populaires supprime simplement les images générées par IA. Un autre outil utilise l’IA pour répondre anonymement aux requêtes. Les gens veulent pouvoir décider. » Le débat ne porte donc pas tant sur la technologie elle-même que sur la liberté laissée à chacun.
Nouveaux usages et inquiétudes persistantes
L’irruption massive de résumés générés par IA, ou encore les réponses parfois imprécises (voire “hallucinées”), soulève désormais des interrogations bien au-delà des milieux spécialisés : éditeurs, artistes ou défenseurs de la vie privée ne sont plus seuls à émettre des réserves. La conversation gagne désormais le grand public — preuve que la volonté de garder le contrôle sur sa navigation n’a rien d’anecdotique face à la poussée technologique actuelle.
En somme, si quelques jours suffisent rarement à bouleverser l’équilibre du marché, ce regain soudain d’intérêt pour une navigation sans IA interroge sur ce que veulent réellement les internautes : innovation oui, mais pas à n’importe quel prix — surtout lorsqu’il s’agit de leur autonomie ou de leur confidentialité.