Des étudiants aux chefs d’entreprise, ils troquent l’iPhone pour un flip phone. Moins de scroll, plus de présence, avec de vraies limites côté usages.
En bref
- Le flip phone séduit jeunes, ingénieurs et dirigeants
- Moins de scroll, plus de focus et de présence
- Mais la friction numérique reste bien réelle
Le signal est devenu trop visible pour être anecdotique. Des étudiants, des ingénieurs logiciels et même un patron de 1.200 salariés reviennent au flip phone, non par rejet de la tech, mais pour reprendre la main sur leur temps.
Une bascule qui touche bien plus que les technophobes
Aux États-Unis, le smartphone est consulté 186 fois par jour en moyenne, et 46% des répondants disent s’y sentir addicts. En face, la communauté r/dumphones approche les 200.000 participants hebdomadaires. Même des célébrités comme Aziz Ansari, Ed Sheeran ou Camila Cabello ont alimenté cette vague de minimalisme numérique.
Ce qui frappe, c’est le profil des convaincus. Sur six témoignages, trois viennent de développeurs ou d’étudiants très techniques. Trevor Brown, en Floride, a quitté ses multiples mobiles pour un Alcatel Go Flip 2, puis un Cat S22. Brandon Aikman, étudiant en computer engineering à Cedarville University, a obtenu un Nokia 2780 après avoir insisté auprès de ses parents. Lee Seibert, dans l’Ohio, a laissé tomber l’écran tactile pour un Sonim XP3plus 5G, environ 179 euros (210$), qu’il veut garder dix ans.
Le vrai gain, ce n’est pas la nostalgie, c’est l’attention
Chez Brown, l’enjeu est familial. Il expliquait utiliser le smartphone pour fuir le réel pendant les petits temps morts. Avec des enfants, il a reclassé ses priorités. Son Cat S22 laisse encore accéder au Web, mais le petit écran rend les réseaux bien moins attirants.
À l’autre bout du spectre, Zoe Rodriguez, 20 ans, au Texas, raconte dix années quasi entières passées sur Snapchat, YouTube et Instagram Reels. Son choix d’un Sunbeam F1, environ 166 euros (195$), avec forfait Mint Mobile, l’a poussée vers la lecture, la bibliothèque, le dessin et un rapport plus calme à ses émotions. Elle résume ça ainsi, « Je ne peux plus continuer comme ça ».
Même logique chez Allison Sigmon, 21 ans, en Caroline du Nord. Passer d’un Samsung Galaxy au Cat S22 a fait tomber son temps de téléphone de sept heures à trente minutes par jour. Elle utilise davantage son laptop, oui, mais dit être plus calme et couper vraiment après le travail.
Des économies, oui, mais avec des frictions très réelles
Le ticket d’entrée est bas, environ 26 euros (30$) pour certains modèles, avec des forfaits à environ 13 euros (15$) par mois. Mais on ne sort pas du smartphone sans compromis. Brown galère lors des appels SAV quand il faut valider un SMS sans raccrocher. Aikman garde un ancien iPhone sans forfait juste pour l’app Duo et la double authentification de son campus.
Résultat? Plus de sobriété, mais une friction d’usage assumée.
Quand le flip phone sort de la sphère perso
Le cas le plus intéressant pour l’écosystème mobile, c’est Joel Epstein. Le patron de Fabuwood, à New York, interdit depuis trois ans les smartphones au bureau, même en réunion. Il dit produire 20% de plus à effectif égal, fournit des flip phones à ceux qui en veulent, et réserve quelques smartphones à des usages précis, comme le partage de photos de défauts en usine. Selon son estimation, environ 100 salariés ont aussi basculé dans leur vie privée.
Et il y a un autre message, moins visible. Brown comme Seibert regardent avec distance les nouveautés mobiles, surtout les fonctions IA. Seibert critique un déploiement agressif imposé par les grandes plateformes. Aikman, lui, formule peut-être le mieux le mouvement, « Je ne suis pas anti-tech, je suis pour un usage intentionnel de la tech ».