Publié le 5 février 2020, modifié le 6 juillet 2020.
Par La Rédaction

La nécessité de se doter de réseaux mobiles privatifs

Publié le 5 février 2020, modifié le 6 juillet 2020.
Par La Rédaction

L’Arcep autorisant l’utilisation des fréquences radio pour déployer les premiers réseaux mobiles privatifs à haut débit.

On ne saurait imaginer, aujourd’hui, se retrouver dans l’incapacité d’intervenir efficacement, en cas de situation de crise sur une centrale nucléaire, risque de cyber-attaque, ou d’événement impactant nos aéroports par exemple, parce que nos réseaux de communications ne sont pas assez performants. C’est pour cette raison, bien sûr, ce n’est pas la seule, que nous saluons les récentes décisions de l’Arcep autorisant l’utilisation des fréquences radio pour déployer les premiers réseaux mobiles privatifs à haut débit. Après EDF fin 2019, ce sont Hub One, filiale du Groupe ADP, et Air France qui se sont vus attribuer, hier, les précieuses autorisations.

L’Association des grands utilisateurs de réseaux radio d’exploitation (AGURRE) travaille de concert avec l’Arcep en vue d’accéder aux ressources en fréquences appropriées pour la mise en œuvre de tels réseaux, capables d’assurer la continuité des usages actuels tout en considérant les nouveaux besoins à haut débit. Les 14 membres de l’AGURRE (Groupe ADP, Air France, EDF, RATP, RTE, Groupe Sanef, SNCF Mobilités, SNCF Réseau, Société du Grand Paris, SYTRAL, Teréga, Trandev, Airbus et FNCCR) unissent leurs forces, notamment pour favoriser la mutualisation des expertises et partager les stratégies d’évolutions.

Les réseaux mobiles privatifs, avant tout pour la sécurité, aussi pour soutenir la performance et la compétitivité des acteurs verticaux

De longue date, les acteurs de l’énergie, des transports, des collectivités, appelés les « verticaux », opèrent, pour leurs besoins métiers et sécurité, des réseaux mobiles professionnels. Il s’agit de réseaux dimensionnés sur mesure pour répondre à des exigences et enjeux spécifiques de connectivité. Ils sont conçus pour pouvoir rester opérationnels en permanence y compris et surtout en situation de crise (alors que, dans une telle situation, les réseaux des opérateurs mobiles grand public arrivent à saturation). Ces réseaux professionnels reposent, aujourd’hui, sur des technologies bas débit (2G).

L’identification par l’Arcep de la bande 2,6 GHz TDD, puis les attributions des premières autorisations, ouvrent la voie au déploiement des nouvelles générations de réseaux professionnels 4G, puis 5G. Ils permettront des gains de performance et de compétitivité significatifs. Ainsi, par exemple, la transmission de gros volumes de données et de vidéo en temps réel sera désormais possible sur ces réseaux. La sécurité, les activités d’exploitation, de maintenance et de supervision se verront améliorées.

Les acteurs de nos grands aéroports franciliens bénéficieront largement de cette évolution, pour remplacer les systèmes bas débit proches de l’obsolescence, ainsi que les systèmes WiFi devenus trop limitants.

5G

La filiale du Groupe ADP, Hub One, a remporté une licence 4G / 5G de 10 ans pour lancer un réseau mobile privé à très haut débit couvrant les aéroports de Paris-Charles de Gaulle, Paris-Orly et Paris-Le Bourget.Le déploiement de ce réseau 4/5G desservira plus de 120 000 collaborateurs dans les trois aéroports parisiens, dans 1 000 entreprises de toutes tailles et de tous secteurs, dont des organisations ne disposant pas des moyens financiers, matériels et opérationnels nécessaires pour disposer de leur propre réseau mobile privé.

Par exemple, la division Mercedes-Benz Cars de Daimler établit un réseau 5G local pour soutenir les processus de production automobile dans son “Factory 56” à Sindelfingen, tandis que la KMA (Korea Military Academy) installe un réseau 5G dédié dans son campus nord de Séoul pour faciliter des programmes d’entraînement militaire basés sur la réalité mixte .

Les pionniers

Des régimes de licences de spectre favorables – comme la décision du gouvernement allemand de réserver des fréquences dans la gamme de 3,7 à 3,8 GHz pour les réseaux 5G localisés – seront au cœur de l’adoption réussie des réseaux 5G privés. Un certain nombre d’autres pays – dont la Suède, le Royaume-Uni, le Japon, Hong Kong et l’Australie – avancent également dans leurs plans pour identifier et allouer du spectre pour les réseaux 5G privés localisés, en se concentrant principalement sur les 3,7 GHz, 26 GHz et 28 Bandes de fréquences GHz

La pertinence des choix de l’Arcep reste sans équivoque. Dès 2012, le régulateur avait soulevé la question liée à l’évolution des usages professionnels vers le haut débit mobile. 2012, c’est également l’année de la naissance de l’association. Sur ces sujets de réseaux privatifs, la France fait figure de pionnière. Depuis, d’autres pays ont suivi. On peut citer par exemple l’Allemagne et le Royaume-Uni. Cela témoigne de la pertinence du virage ainsi négocié et de la nécessité pour l’agurre de poursuivre ses efforts afin de consolider, de manière cohérente, les besoins en fréquences, et contribuer, sous l’égide des décideurs publics, à l’usage optimale de ces ressources rares.

Les États-Unis sont actuellement l’un des rares pays qui cherchent à fournir aux entreprises et aux industries un nouveau modèle de propriété grâce à la bande CBRS : 3,5 GHz Citizens Broadband Radio Service. La CBRS Alliance estime que l’ouverture de la bande, qui est commercialisée sous le nom de «OnGo», contribuera jusqu’à 15,6 milliards de dollars à l’économie américaine. Il permettra des systèmes 4G LTE, suivis de la nouvelle radio 5G (NR) plus tard cette année, et devrait être largement utilisé pour la couverture dans les bâtiments, les espaces publics et les applications IoT industrielles , selon l’alliance.

Les fournisseurs de services devraient utiliser CBRS pour remplacer l’accès par fibre optique du dernier kilomètre, fournir des services sans fil fixes et même des offres point à multipoint. Les entreprises et les fournisseurs de services gérés pourraient exploiter la bande de 3,5 GHz pour la connectivité IoT et même pour le remplacement Wi-Fi ou des services supplémentaires. Les services LTE pourraient atteindre 1 Gbit / s en intérieur et peut-être 5 ou 10 fois plus que pour les utilisations en extérieur avec accès en visibilité directe. Les bailleurs de fonds du CBRS affirment que l’économie de cette technologie est bien meilleure que celle des systèmes d’antennes distribuées et ils soutiennent que la vitesse et la cohérence du service seront bien meilleures que le Wi-Fi. Les partisans du CBRS disent également que de nouveaux services imaginatifs seront rendus possibles par la disponibilité d’un spectre plus bon marché: Nokia.

Lire aussi
Télécom

Les défis de la 5G pour les opérateurs

Découvrez en détail comment les défis de la 5G transforment le paysage des opérateurs, plongez dans l'univers des vitesses de données révolutionnaires...