Publié le 18 mars 2024.
Par La Rédaction

La banque mondiale alerte sur l’agrandissement de la fracture numérique

Publié le 18 mars 2024.
Par La Rédaction

La Banque Mondiale tire la sonnette d'alarme : le fossé numérique ne cesse de s'élargir, menaçant de laisser des millions de personnes à la traîne.

Un cri d’alarme pour combler le fossé numérique  de Christine Zhenwei Qiang, la directrice du développement numérique à la Banque mondiale, a mis en lumière au MWC un problème persistant et en constante expansion : l’écart numérique entre les pays développés et en voie de développement. Selon elle, c’est un problème “multidimensionnel” qui continue de s’aggraver avec le temps, et qui mérite une attention urgente. Les statistiques qu’elle a partagées sont tout à fait alarmantes. Qiang a souligné que :

  • 2,6 milliards de personnes restent déconnectées dans le monde,
  • 850 millions de personnes n’ont “aucune sorte d’identité numérique”,
  • 5 milliards de personnes n’ont pas accès à une authentification numérique sécurisée à distance
  • Les femmes sont encore moins susceptibles d’avoir accès à des téléphones portables et à des services en ligne.

Ces disparités ont conduit à ce qu’elle a qualifié de “effet de débordement”, avec un doublement des services informatiques dans le secteur industriel des pays à revenu élevé au cours de la dernière décennie, creusant encore plus le fossé numérique.

Taux d’équipements

Les téléphones mobiles constituent le principal moyen par lequel les gens se connectent à Internet dans les pays à faible revenu intermédiaire. La pénétration des smartphones converge également entre les revenus élevés et les pays à revenu intermédiaire, tandis que les pays à faible revenu restent loin derrière.  Selon les données de l’Union des télécommunications, en 2022, plus de 95 % des habitants des pays à revenu élevé possédaient un téléphone mobile (y compris les smartphones, les téléphones polyvalents et les téléphones de base). Le partage des propriétaires de téléphones mobiles étaient de 76 % dans les pays à revenu intermédiaire supérieur, de 66 % dans les pays à revenu intermédiaire inférieur et de seulement 49 % dans les pays à faible revenu. Les smartphones ont depuis longtemps remplacer des téléphones de base et multifonctions pour la plupart des utilisateurs de téléphones mobiles.

Les entraves à l’accès à la technologie

Christine Zhenwei Qiang a souligné que l’une des principales entraves à l’inclusion numérique est le manque d’accès à des téléphones portables économiques. Cela contribue également à l’écart entre les sexes, les téléphones portables étant traditionnellement plus susceptibles d’être détenus par le chef de ménage. “Bien que certains des [appareils] coûtent déjà aussi peu que 20 à 30 dollars par mois, dans les pays à faible revenu, cela représente en fait un gros pourcentage de leur revenu familial”, a-t-elle expliqué, ajoutant que le coût des données augmente également la charge.

Pour surmonter le manque d’accès à des téléphones portables économiques, une entrave majeure à l’inclusion numérique, plusieurs solutions peuvent être envisagées.  Il parait primordial d’encourager le développement et la distribution de téléphones basiques à faible coût, ciblant spécifiquement les régions sous-développées. Avec de mettre en place des programmes de subventions ou de financements facilités pour l’acquisition de smartphones par les populations à faible revenu il faudra promouvoir des initiatives de recyclage et de réutilisation de téléphones usagés pour les remettre à neuf et les rendre accessibles à des prix réduits.

De toute façon la sensibilisation et la formation numérique pour assurer l’accès aux téléphones passe par des stratégies requièrent une collaboration étroite entre les acteurs du secteur public, privé et les communautés pour adresser efficacement le défi de l’inclusion numérique.

Des solutions pour réduire la fracture numérique

La Banque mondiale collabore avec les opérateurs de réseaux mobiles (MNO) et les institutions financières pour mettre en place des initiatives, notamment des prêts et des subventions pour les forfaits mobiles. Elle a ajouté que les acteurs du secteur privé sont “prêts à en faire plus pour améliorer l’ensemble de l’écosystème numérique”, mais que les décideurs politiques doivent également éliminer les obstacles existants pour réduire le coût des téléphones portables. Pour visionner l’interview complète, cliquez ici.

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