Google lance enfin Googlebook, son PC portable sous Android. L’intégration mobile séduit, mais l’OS n’a pas encore le niveau attendu à ce prix.
En bref
- Googlebook mise sur Android et l’IA
- Le matériel est solide, les prix très élevés
- L’OS reste moins mature que prévu
Le plus frappant, ce n’est pas que Google remplace peu à peu ChromeOS par Android sur ses portables. C’est qu’il le fait d’abord avec des machines chères, très bien finies, donc jugées comme des vrais rivaux des MacBook et des PC Windows. Et là, le logiciel n’a pas encore tout à fait suivi.
Un lancement premium qui met tout de suite la pression
Les premiers Googlebook visent clairement le haut du panier. L’ASUS Googlebook 14, principal modèle testé, démarre autour de 1 197 euros (1,299$), avec écran OLED tactile, 16 Go de RAM, 512 Go de stockage et puce Intel Core Ultra 5. L’Acer Googlebook 14 ouvre la gamme à environ 828 euros (899$), le seul sous les 1 000 dollars, quand le modèle HP sous Snapdragon X Elite monte à environ 1 105 euros (1,199$).
Le constat matériel est plutôt bon. Design soigné, poids contenu, performances homogènes entre versions Intel et Qualcomm, avec même un léger avantage batterie pour le portable HP. Mais à ce niveau de prix, on compare forcément l’ensemble à un MacBook Air ou à un bon PC, pas à un Chromebook à 500 euros.
Une prise en main familière, mais pas sans pertes
La configuration insiste d’emblée sur le lien avec le smartphone. Un mobile Android, voire un iPhone ou un iPad, peut transférer compte, Wi-Fi, quelques données, apps et même les autorisations utiles pour faire remonter notifications et fichiers.
Une fois lancé, l’ensemble rappelle fortement ChromeOS. Barre d’apps en bas, services Google partout, tutoriel de démarrage bien vu. Mais la nouvelle barre d’informations en haut grignote de l’espace et, surtout, certaines fonctions pratiques ont disparu, comme l’accès rapide au calendrier, aux tâches ou aux fichiers épinglés. Résultat, l’interface paraît proche, mais pas toujours plus efficace.
Le vrai point faible reste l’écosystème logiciel
C’est là que ça coince. Dans Chrome, la synchronisation des groupes d’onglets ne fonctionne pas encore sur Googlebook, alors qu’elle existe déjà ailleurs. Les web apps ont aussi démarré avec un bug gênant avant d’être corrigées par mise à jour.
Côté apps, le vieux problème d’Android sur grand écran reste bien là. Trop d’éditeurs étirent une interface pensée pour téléphone. Slack, par exemple, perd sa vue multi-colonnes pourtant essentielle sur desktop. À l’inverse, Todoist, Spotify ou Adobe Lightroom s’en sortent bien, et plusieurs apps maison de Google, de Photos à Calendar, sont enfin adaptées. Bon, il manque quand même des logiciels lourds comme Adobe Premiere ou Logic Pro. Pour une machine principale, ça compte.
L’intégration Android et Gemini montre où Google veut aller
Le plus neuf est ailleurs. Google permet d’ouvrir sur le portable des apps qui tournent sur le téléphone, de reprendre un brouillon Gmail ou un onglet Chrome, et de parcourir le stockage du mobile dans l’explorateur de fichiers. L’idée est bonne, l’exécution encore inégale, avec des raccourcis qui n’apparaissent pas toujours.
Même logique pour l’IA. Magic Pointer analyse des zones de l’écran avec Gemini, Rambler nettoie la dictée vocale, et des widgets peuvent être générés à la demande. C’est cohérent, parfois malin, pas encore naturel au quotidien. En gros, Googlebook montre une direction crédible pour l’écosystème mobile d’Google. Pour remplacer sans débat un PC classique, il lui manque encore une vraie couche de maturité.