Google retouche sa recherche, et le vrai match se joue face à OpenAI

Utilisateur entre Google et OpenAI
Image d'illustration. Google muscle sa recherche face à OpenAI. — ADN

Avec sa nouvelle barre de recherche dopée à l’IA, Google évite la rupture frontale. L’enjeu est simple, garder l’utilisateur chez lui face à OpenAI.

En bref

  • Google injecte plus d’IA dans Search
  • Le but, éviter l’exode vers ChatGPT
  • La distribution reste son arme clé

Le vrai sujet, ce n’est pas une simple barre de recherche agrandie. C’est la manière dont Google essaie de gagner la bataille de l’IA grand public sans demander aux gens de changer d’habitudes. Et ça, pour un acteur qui contrôle déjà une énorme partie des points d’entrée du web, c’est loin d’être anodin.

En mai, le groupe a dévoilé la plus grosse refonte de Search depuis 25 ans, avec une zone de recherche pensée pour des requêtes plus longues et des entrées multimodales, y compris vidéos, images et fichiers. L’idée est limpide, garder l’utilisateur dans l’univers Google au moment où les alternatives dopées à l’IA, à commencer par OpenAI, grignotent du terrain.

Le pari le plus rentable, ne rien casser

Chez Google, le choix n’est pas la rupture. Plutôt une greffe progressive. Nate Elliott estime même que cette évolution ne mérite qu’un 3 ou 4 sur 10 en importance, en rappelant que l’entreprise pousse déjà ce type de fonctions depuis des années avec AI Overviews et AI Mode.

À l’inverse, Jacob Bourne juge la mise à jour plus lourde, avec un 7 sur 10. Son argument tient bien la route, le moindre changement chez Google a un effet démultiplié parce que le moteur reste une infrastructure centrale du web. Pour lui, cette nouvelle interface rapproche davantage AI Mode de l’expérience des chatbots classiques, ce qui aide Google à rester dans la course.

Le zéro-clic avance, mais le web n’est pas enterré

Cette refonte pousse aussi un peu plus loin le modèle du zéro-clic, ces recherches où l’utilisateur obtient sa réponse sans visiter de site externe. C’est un virage qui inquiète, forcément.

Mais il faut garder les ordres de grandeur en tête. Nate Elliott rappelle que, même avant l’arrivée des AI Overviews, presque la moitié des recherches sur Google ne débouchaient déjà sur aucun clic. L’IA a fait monter ce taux, oui, mais plus d’un quart des recherches génèrent encore du trafic vers l’extérieur. Résultat ? Les prophéties sur la mort du web ouvert paraissent, pour reprendre ses mots, « grandement exagérées ».

Pourquoi Google peut encore reprendre la main face à ChatGPT

Là où Google reste redoutable, c’est sur la distribution. Son AI Mode, intégré aux résultats de recherche, compte désormais 1 milliard d’utilisateurs mensuels. Potentiellement plus que Gemini lui-même.

Quand on additionne puis déduplique ses différentes interfaces IA, Google se place très fort pour dominer l’adoption grand public. La prévision de mars d’EMARKETER va dans ce sens, les chatbots IA de Google seraient à environ 1 million d’utilisateurs de ChatGPT d’ici fin 2026, avant de le dépasser nettement début 2027.

OpenAI a eu l’avantage du démarrage rapide, avec plus de liberté pour prendre des risques. Mais une fois l’IA passée en mode massif, le poids combiné de Search, Chrome, Android et Gmail change clairement l’équation.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

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