Lancée jeudi, la génération d’images IA dans Google Earth a disparu dès le lendemain. En cause, un risque évident de désinformation géospatiale.
En bref
- Google retire la fonction après un jour
- Le risque de désinformation a dominé
- Des garde-fous plus stricts sont promis
Un jour. C’est le temps qu’a tenu la nouvelle fonction d’Google Earth permettant de générer des images IA dans l’application. Pour un produit utilisé comme repère visuel par des journalistes, des chercheurs et des professionnels, le signal est fort.
Un retrait éclair après une mise en ligne très brève
Jeudi, Google avait activé dans Google Earth une fonction s’appuyant sur Nano Banana 2, son générateur d’images. L’idée affichée était de laisser les utilisateurs fabriquer des visuels imaginaires à partir de la carte, donc de jouer avec la géographie dans l’interface même du service.
Dit autrement, on pouvait ajouter des images inventées sur des vues réelles. Et c’est précisément là que le bât blessait.
Vendredi, la fonction avait déjà disparu. Google a donc fait machine arrière à peine un jour après le lancement.
Pourquoi la critique est montée aussi vite
Le problème était assez évident. L’outil reposait sur des prompts et permettait, en pratique, de superposer à peu près n’importe quelle image sur des cartes authentiques. Pour un service perçu comme une source sérieuse de preuve visuelle, le mélange entre réel et fabriqué passait mal.
Un journaliste de la BBC a d’ailleurs ironisé jeudi en expliquant qu’il n’y avait évidemment aucun risque d’abus pour propager de la désinformation en ligne. La formule était sarcastique, mais le fond résumait bien la critique.
Bref, beaucoup y ont vu une machine à produire du faux géospatial crédible au premier regard.
Google reconnaît le problème sans renoncer au principe
Dans sa réponse, Google explique avoir vu des professionnels du géospatial utiliser cette fonction pour plusieurs usages utiles. Mais l’entreprise dit aussi avoir constaté la circulation de captures d’écran d’images générées semblant enfreindre ses règles.
Conséquence, la société retire la fonction de Google Earth le temps de mettre en place des garde-fous plus solides. Ce point compte quand même, parce qu’il montre que le sujet n’est pas la créativité en soi, mais son insertion dans un environnement où la confiance dans l’image reste centrale.
Ce que cet épisode dit du marché de l’image IA
L’affaire dépasse Google Earth. À l’ère de l’IA générative, presque n’importe quelle image publiée sur le web peut être manipulée facilement. Plus besoin d’être expert sur Photoshop pour produire une intox visuelle à peu près plausible.
Et Google n’est pas à part sur ce terrain, puisqu’il commercialise lui aussi des générateurs d’images, comme pas mal d’acteurs du secteur. C’est ce contraste qui frappe, le plus fiable des supports cartographiques n’a tenu qu’une journée avec une fonction pensée pour inventer des images.