Portée par environ 166 millions d’euros, Glow sort du mode furtif avec une thèse claire : l’IA déplace la bataille cyber directement sur les terminaux.
En bref
- Glow lève environ 166 millions d’euros
- La startup vise la sécurité endpoint à l’ère IA
- Le marché est dense, l’angle est préventif
L’endpoint security redevient un sujet brûlant. Pas à cause d’un simple refresh de gamme, mais parce que l’IA s’installe directement sur les machines des salariés, pendant que les attaquants s’en servent déjà pour automatiser phishing, malware et campagnes plus fines.
Le terminal redevient le point chaud
Chez les grandes entreprises, la question n’est plus seulement le cloud ou le SaaS. Les laptops, serveurs et autres appareils connectés reprennent du poids dans le modèle de risque. Le débat s’est encore tendu après la présentation du modèle Mythos par Anthropic, l’entreprise expliquant qu’il montrait des capacités avancées pour repérer puis exploiter des failles logicielles.
C’est le pari de Glow, installé à Palo Alto. La startup estime qu’il faut une approche neuve pour surveiller ce qui tourne sur les postes, qu’il s’agisse de logiciels classiques, d’agents IA ou d’outils de développement.
Une licorne sortie du brouillard
Mercredi, Glow est sortie du mode furtif avec une levée de fonds de environ 166 millions d’euros (180 millions de dollars) en série A, entièrement en actions. L’opération valorise la société à environ 1,1 milliard d’euros (1,2 milliard de dollars), avec notamment Sequoia Capital, Cyberstarts, Greenoaks et Redpoint Ventures, rejoints par Index Ventures, Swish Ventures, Lux Capital, Operator Collective et Holly Ventures.
Le casting compte, quand même. Le CEO Roi Tiger vient de Meta, où il était vice-président engineering. À ses côtés, Omer Singer, ex-Snowflake, Ophir Arie, passé par Claroty, et Arnon Joseph, lui aussi ex-Meta. L’équipe dirigeante inclut aussi Emily Heath, ancienne CISO de United Airlines et DocuSign, passée au board de Wiz jusqu’à son rachat par Google pour environ 29 milliards d’euros (32 milliards de dollars).
Ce que Glow veut bloquer avant l’incident
Fondée en 2025, Glow développe une plateforme qui cartographie en continu l’environnement d’entreprise, évalue le risque en temps réel et applique les politiques de sécurité. Pour ça, la société s’appuie sur des modèles d’Anthropic et de Google Gemini via Amazon Bedrock, avec une couche logicielle maison chargée d’ajouter du contexte métier et d’améliorer la fiabilité.
Roi Tiger résume le basculement ainsi : « Si vous regardez la décennie passée, tout partait vers le cloud et le SaaS. Et soudain, l’IA arrive sur le terminal d’une manière qu’on n’avait jamais vue. »
La jeune pousse affirme avoir déjà empêché l’installation de paquets npm malveillants, repéré des agents IA qui tentaient d’en récupérer, et détecté des machines où les outils d’EDR étaient absents ou dégradés.
Un marché déjà saturé, mais une promesse différente
Glow arrive sur un terrain tenu par CrowdStrike, Microsoft, SentinelOne et Palo Alto Networks. Sa ligne de fracture est claire : là où les offres EDR classiques détectent surtout après l’apparition d’une menace, Glow veut empêcher l’entrée de logiciels risqués, d’agents IA et d’outils de dev problématiques.
Et il y a déjà des clients payants, dans la santé, la finance et le retail, sans noms ni volumes publiés. Les déploiements cités couvrent des dizaines de milliers d’appareils dans des groupes mondiaux. Glow emploie presque 100 personnes, environ 70% en Israël et le reste aux États-Unis. Reste une inconnue, clairement, la plus intéressante pour le marché : cette sécurité endpoint nativement pensée pour l’IA peut-elle devenir une vraie catégorie à part entière ?