Une étude sur 33 pays place l’Irlande, la Bulgarie et la Finlande en tête. Mais derrière ce podium, les écarts de salaires, de formation et d’accès à l’emploi divergent fortement.
En bref
- Irlande, Bulgarie et Finlande mènent le classement
- Le podium repose sur des forces très différentes
- Salaires, formation et emploi changent tout
Le plus intéressant, ici, n’est pas juste le nom du numéro un. C’est que le podium européen sur la place des femmes dans la tech raconte en réalité trois modèles différents. Wolfstone Digital a comparé 33 pays à partir de six indicateurs, et le trio de tête réunit l’Irlande, la Bulgarie et la Finlande.
Un top 5 solide, mais pas du tout homogène
L’Irlande arrive première, devant la Bulgarie et la Finlande. Plus bas, on retrouve le Luxembourg puis la Belgique. Dit comme ça, on pourrait croire à un classement assez linéaire. En fait, non.
Chaque pays bien placé s’appuie sur un autre levier. L’Irlande combine une présence féminine de 22 % parmi les spécialistes des TIC, 82,21 % de femmes avec au moins des compétences numériques de base, un taux d’emploi féminin de 75,7 % et un écart salarial de 8,3 %. La Bulgarie, elle, brille surtout par la formation et la représentation. La Finlande, de son côté, pousse très haut le niveau de compétences numériques et l’emploi.
Éducation, emploi, salaires, le vrai match se joue là
En Bulgarie, les femmes représentent 25 % des spécialistes des TIC, 33,28 % des diplômés TIC et 38,01 % des diplômés en STEM. C’est un signal fort pour tous ceux qui regardent les pipelines de talents plutôt que la seule photo du marché du travail.
La Finlande affiche 82,82 % de femmes disposant de compétences numériques de base et un taux d’emploi de 75,7 %. Le Luxembourg, quatrième, se distingue par un chiffre qui retient l’œil, un écart salarial de -0,8 %. Autrement dit, sur les données utilisées, le salaire horaire moyen des femmes y ressort légèrement au-dessus de celui des hommes. Pas mal de pays aimeraient déjà approcher ce niveau.
Des champions cachés, des poids lourds à la traîne
Tout le monde ne gagne pas au général, mais certains pays dominent un indicateur précis. La Bosnie-Herzégovine affiche 45,11 % de femmes parmi les diplômés TIC et 47,33 % parmi les diplômés STEM. La Macédoine du Nord signe la plus forte part de femmes spécialistes des TIC, à 31,7 %.
À l’inverse, le Royaume-Uni n’est que 23e. Il compte pourtant 79,1 % de taux d’emploi féminin, 22 % de femmes parmi les spécialistes des TIC et 27,9 % de diplômées TIC. Mais son écart salarial de 13,1 % et la part limitée de femmes parmi les diplômés STEM, 30,8 %, tirent le score vers le bas.
Pourquoi ce classement compte pour l’écosystème numérique
En queue de tableau, la Hongrie ferme la marche, derrière la Turquie, la Tchéquie, la Slovaquie et l’Allemagne. La Tchéquie affiche la plus faible proportion de femmes spécialistes des TIC, à 12,9 %. L’Allemagne, elle, cumule 15,6 % d’écart salarial et seulement 20 % de femmes dans ces métiers.
Le classement repose sur six critères, ensuite standardisés puis pondérés pour produire un score global. Wolfstone Digital précise quand même que les résultats peuvent bouger selon le traitement des données manquantes, et que ce palmarès ne résume pas à lui seul toute l’expérience des femmes dans la tech. Bref, pour les acteurs du numérique, c’est moins un verdict qu’un tableau de bord très concret.