Elon Musk tourne le dos au DOGE alors que les ventes de Tesla s’effondrent

Image d'illustration. Elon MuskDOGE
Confronté à un effondrement de Tesla sur plusieurs marchés, Elon Musk quitte le DOGE sans convaincre sur son bilan.
Tl;dr
- Elon Musk quitte la direction du DOGE après un mandat de 130 jours marqué par des coupes budgétaires drastiques et des licenciements massifs.
- Son passage a été entaché de polémiques, notamment l’usage controversé d’IA pour surveiller les communications et la centralisation de services publics sur ses propres plateformes.
- Le bilan reste flou : les économies annoncées sont contestées et les dépenses fédérales ont continué d’augmenter malgré ses mesures radicales.
Elon Musk se retire du DOGE dans un contexte houleux
Après quatre mois pour le moins agités à la tête du Department of Government Efficiency – plus connu sous l’acronyme DOGE –, Elon Musk a officiellement quitté ses fonctions. Il l’a annoncé sur le réseau X, précisant : « Alors que mon mandat prévu en tant qu’employé spécial du gouvernement touche à sa fin, je tiens à remercier le président Donald Trump pour m’avoir donné l’opportunité de réduire les dépenses inutiles. La mission DOGE ne fera que se renforcer avec le temps, en devenant une manière de vivre à travers tout le gouvernement ». Si le départ de l’entrepreneur intervient au terme légal de ses 130 jours en tant qu’agent spécial du gouvernement, il survient alors que la tempête n’est pas tout à fait apaisée autour de son passage.
Une politique de l’efficience à la tronçonneuse
Dès son arrivée, Elon Musk, déjà célèbre pour ses méthodes expéditives chez X, a imposé une gestion radicale. Le mot d’ordre : tailler dans les effectifs et éliminer toute dépense jugée superflue. Selon diverses sources, plusieurs centaines de milliers d’agents fédéraux ont été remerciés – parmi eux, certains employés pourtant jugés essentiels, rapidement réembauchés après des décisions de justice en leur faveur. À cela s’ajoute l’installation de membres du DOGE dans de multiples agences gouvernementales, parfois avec accès à des données sensibles, validé cette semaine par une décision judiciaire malgré les réserves d’une vingtaine de procureurs généraux.
L’ombre des polémiques et des revers industriels
La stratégie de Musk n’a pas manqué de provoquer remous et controverses. Le recours aux chatbots à base d’intelligence artificielle générative, comme le fameux VAGPT utilisé par les Anciens combattants, s’est accompagné d’une surveillance accrue des communications gouvernementales pour toute critique envers lui ou le président Donald Trump. Parallèlement, la décision de migrer tous les échanges officiels de la Sécurité sociale vers le réseau social détenu par Musk a laissé perplexe plus d’un observateur.
Sur le front industriel, rien ne va plus pour certains fleurons du milliardaire : les ventes européennes de véhicules électriques Tesla ont plongé de moitié au printemps 2024 alors que le marché global progressait nettement (+28 %), et même au Québec — bastion nord-américain des voitures propres — la marque s’est effondrée. Ces déboires se doublent d’un appel au boycott relayé par plusieurs associations et propriétaires mécontents qui prennent leurs distances avec la marque.
Bilan contesté pour une initiative critiquée
Le résultat concret des mesures prônées par le DOGE reste difficile à cerner. Alors que son site officiel revendique plus de 170 milliards de dollars économisés grâce à la suppression de contrats et aux licenciements massifs, certains analystes évaluent ce chiffre à moins de la moitié. De plus, selon un rapport publié par Bloomberg jeudi, les dépenses fédérales ont en réalité augmenté depuis l’arrivée au pouvoir du président Trump. Certes, il faut tenir compte du poids croissant des programmes sociaux et du service de la dette ; il n’empêche qu’à ce stade, l’impact réel du passage éclair mais turbulent d’Elon Musk à la tête du département reste flou… et matière à débat public.