Aux Etats-Unis, des dizaines de referendums locaux ont freine l’essor des data centers. En Ohio surtout, le rejet a pese bien au-dela du local.
En bref
- Vague anti-data centers dans 10 Etats americains
- L’Ohio vote contre presque partout
- L’IA pese aussi dans le vote au Congres
En Ohio, le message est sec. Ce qui aurait pu rester un dossier de permis locaux s’est transformé en vrai marqueur politique, au point de peser jusque dans une course au Sénat.
L’Ohio transforme un sujet local en signal politique
C’est là que le rejet a frappé le plus fort. L’Etat compte déjà 257 data centers, et mardi, 20 scrutins locaux portaient sur ces installations. Dans tous les cas, les mesures visant à les restreindre ont gagné ou sont données gagnantes.
Le plus parlant, ce sont les votes à Urbana et Hubbard. Les habitants y avaient à trancher sur des interdictions pures et simples. Résultat, 76 % dans la première ville, 77 % dans la seconde, pour empêcher l’implantation de data centers près de chez eux. Là, on n’est plus dans le doute.
Et le sujet a débordé sur la politique fédérale. En Ohio, le démocrate Sherrod Brown a fait de son opposition aux data centers un axe central de campagne contre le sénateur Jon Husted. Il l’a présenté comme « le visage des data centers » et comme la raison de la présence de plus de 200 sites dans l’Etat. L’Associated Press a donné Sherrod Brown vainqueur dans la nuit.
Une vague nationale bien plus large qu’un incident isolé
Le mouvement ne se limite pas à un Etat. A l’échelle du pays, 45 mesures liées aux data centers étaient soumises au vote dans 10 Etats. Selon le suivi de Data Centers on the Ballot, 33 restrictions avaient déjà été approuvées mercredi matin, et 6 autres devaient prendre la même direction.
Autrement dit, l’écrasante majorité des bulletins a tourné contre l’expansion du secteur. Seules cinq collectivités n’avaient pas encore publié de résultats. Et un seul endroit a voté dans l’autre sens, la City of Harwood, dans le North Dakota.
Ce que les electeurs ont vraiment voulu bloquer
Les mesures adoptées ne racontent pas toutes la même chose, mais elles vont dans le même sens. Certaines interdisent les projets. D’autres imposent un moratoire, limitent la consommation d’énergie ou obligent les élus à obtenir une validation publique avant de laisser avancer un dossier.
Dans le cas de la City of Harwood, le vote rejeté concernait un amendement qui aurait forcé les autorités locales à organiser des auditions publiques avant d’autoriser de grands projets industriels, dont des data centers de 100 mégawatts.
L’IA et les data centers s’invitent jusque dans le vote au Congres
Ce qui compte, pour l’écosystème, c’est que le sujet dépasse maintenant l’urbanisme. D’après une sortie des urnes de NBC, 56 % des électeurs ont dit que l’IA et les data centers avaient joué un rôle crucial ou majeur dans leur vote pour le Congrès.
Bon, ce n’est pas un simple accroc local. C’est un signal électoral national, avec une traduction très concrète, plus de contrôle public, plus de freins, et un secteur qui entre franchement dans l’arène politique.