Cible choyée de l’industrie du sans-fil…
Les préadolescents constituent une génération de consommateurs qui a de plus en plus d’importance en Amérique du Nord. Pour cause: les 8-12 ans sont le public branché idéal, pour qui le réseau Internet a toujours existé, et qui ne comprend pas vraiment à quoi servent les téléphones publics puisque, pour eux, le cellulaire a toujours été assez compact pour être transporté dans la poche de son jean.
Ce serait aussi la prochaine cible choyée de l’industrie du sans-fil, à en croire le cabinet de recherche Yankee Group. «Le quart des préadolescents possèdent présentement un téléphone cellulaire, un taux de pénétration presque trois fois moins important que la moyenne des autres groupes d’âge», révèle Marina Amoroso, analyste du marché cellulaire pour le Yankee Group. «Le marché global est saturé, ce qui mène les fournisseurs de sans-fil à cibler des marchés comme celui des préados qui ne le sont pas encore.»D’ici cinq ans, Mme Amoroso s’attend à ce que le nombre de préadolescents qui possèdent un téléphone cellulaire double, surtout en raison du taux d’adoption rapide de la technologie par les jeunes âgés entre 10 et 12 ans. «Les jeunes de 8 et 9 ans seront moins nombreux à faire le saut, surtout parce que les parents hésitent à offrir un sans-fil à leurs enfants.»
Au Canada, le premier sans-fil à s’adresser aux préadolescents a été mis sur le marché l’été dernier, par Rogers sans fil. Il s’agit du Firefly, un appareil tout de même limité dans ses fonctions, puisque les appels qu’il peut effectuer sont préprogrammés par les parents. Mais c’est un premier pas vers la considération des 8-12 ans comme d’un public de consommateurs potentiel.«Les préados ne conduisent pas et ne votent pas, ils constituent néanmoins un groupe significatif de consommateurs au Canada, estiment les analystes de la société Ifop-CMR, basée à Toronto. Quand ils veulent quelque chose, ils insistent fortement auprès de leurs parents et finissent souvent par obtenir gain de cause.»
Ifop-CMR a découvert que plus de 70 % des parents canadiens croient que «les préadolescents d’aujourd’hui se doivent de posséder des objets à la mode pour bien s’intégrer à leurs cercles d’amis et pour accroître leur estime personnelle».
«Les parents voient les pairs de leurs préados comme une motivation importante dans l’achat de produits ou de marques spécifiques.» Autrement dit, si un ami sort son cellulaire de sa poche durant la récréation, il y a fort à parier que d’autres finiront aussi par en avoir un, le plus tôt possible.L’effet boule de neige qui risque de s’ensuivre est prévisible: les préados sont de gros consommateurs ne craignant pas la technologie, et semblent très influençables. Pour n’importe quelle stratégie de marketing, c’est la recette du succès. Pour les vendeurs de sans-fil aussi.Source technaute.lapresseaffaires.com