Google teste une page d’accueil sans son bouton Recherche. À la place, l’IA prend le devant, avec des effets possibles sur le Web entier.
En bref
- Google teste une homepage sans bouton Recherche
- L’IA prend la place avec plusieurs raccourcis
- Le signal inquiète déjà les éditeurs web
La page d’accueil de Google n’est pas un coin anodin du Web. C’est une vitrine vue par des milliards de personnes, un réflexe vieux de plus de 25 ans. Et c’est justement là que Google teste, pour certains utilisateurs, la disparition du bouton Recherche au profit de raccourcis beaucoup plus orientés IA.
La page la plus précieuse du Web change de rôle
Dans cette nouvelle mise en page, le champ de recherche reste en place, mais le bouton historique n’est plus là. À sa place, Google met en avant AI Mode, Create images, Ask about files et Brainstorm. Le bouton I’m Feeling Lucky, lui, survit. Détail amusant, mais surtout révélateur.
Ce test pousse l’utilisateur vers autre chose qu’une simple requête par mot-clé suivie d’une page de liens. On vous suggère d’entrer dans un usage plus guidé, plus conversationnel, plus multimodal. Bref, la boîte de recherche commence à ressembler à une fenêtre de chatbot.
Google rassure, mais le signal est limpide
Après les premiers signalements, Robby Stein, vice-président de Google Search, a expliqué qu’il s’agissait d’un petit test sur desktop destiné à aider les gens à découvrir de nouvelles possibilités dans Search. Il a aussi précisé, « aucun impact sur le fonctionnement du champ de recherche principal, il suffit de saisir votre question et d’appuyer sur Entrée comme d’habitude ».
Donc non, Google n’a pas officiellement enterré la recherche classique. Mais ce genre de test dit souvent plus que le communiqué qui l’accompagne. Quand on remplace un symbole aussi installé, ce n’est jamais neutre.
D’un moteur de recherche à une interface conversationnelle
Depuis des mois, Google injecte de l’IA générative dans Search avec AI Overviews, des résumés, puis AI Mode. Ce dernier permet de poser des questions plus longues, d’enchaîner avec des relances, et d’obtenir des réponses synthétisées depuis plusieurs sources. On peut aussi interroger des fichiers, chercher avec une image, ou en créer une avec Nano Banana.
Résultat, la recherche commence à ressembler davantage à ChatGPT ou à Gemini qu’à la page de résultats classique. Le glissement est net. Le mot-clé compte moins, le contexte compte plus.
Ce que ça change pour les sites et la concurrence
Le problème, vous le voyez venir. Plus Google répond dans sa propre interface, moins l’utilisateur a de raison de cliquer vers un site tiers. Cette tension existe déjà avec AI Overviews et AI Mode. Une homepage qui pousse activement vers ces usages peut l’accélérer.
Et ce n’est pas seulement une affaire d’interface. Si Google.com devient un point d’entrée pour l’analyse de documents, la génération d’images, le brainstorming et l’assistant conversationnel, alors Google se place encore plus frontalement face à ChatGPT et aux autres assistants IA. Avec un avantage énorme quand même, tout le monde sait déjà où aller.