Deux chercheurs clés de Gemini quittent Google pour Anthropic. Après d’autres départs récents, le signal devient difficile à ignorer.
- Deux chercheurs de Gemini partent chez Anthropic
- Google enchaîne les départs visibles dans l’IA
- OpenAI et Anthropic recrutent avec l’argument equity
Ce n’est plus un départ isolé. Chez Google, la série commence à dessiner un vrai mouvement, et dans la guerre des talents en IA, ce genre de signal compte presque autant qu’un lancement de modèle.
Anthropic récupère deux profils au cœur de Gemini
Selon Bloomberg, Jonas Adler et Alexander Pritzel quittent Google pour rejoindre Anthropic. Les deux chercheurs ont joué un rôle important dans le développement de Gemini, le modèle maison censé porter la réponse de Google face à la concurrence.
Le point n’est pas seulement le nom des recrues. C’est leur place dans la machine. Quand des profils liés directement à un modèle stratégique bougent, vous n’êtes plus dans le simple mercato de prestige. TechCrunch a sollicité Google pour un commentaire.
Une série qui ne ressemble plus à un accident
La semaine dernière, Noam Shazeer a lui aussi annoncé son départ de Google pour OpenAI. Un chercheur loin d’être anodin, puisqu’il travaillait chez Google depuis 2000, à l’exception de trois années passées à construire Character.
AI, sa startup de chatbot controversée.
Et ce détail pèse. Google avait en pratique récupéré l’équipe de Character.
AI via une opération valorisée environ 2,49 milliards d’euros (2,7 milliards de dollars), notamment pour faire revenir Noam Shazeer sur Gemini. Le voir repartir si vite donne un contraste assez rude.
Quelques jours après cette annonce, John Jumper, directeur chez Google DeepMind, a lui aussi indiqué qu’il quittait Google pour Anthropic. Avec Demis Hassabis, patron de DeepMind, il a remporté le prix Nobel de chimie 2024 pour ses travaux sur AlphaFold, capable de prédire la structure 3D des protéines à partir de séquences d’acides aminés.
Pourquoi le mouvement peut encore s’accélérer
Le timing n’a rien d’anecdotique. OpenAI et Anthropic se préparent à entrer en Bourse, et cette perspective leur donne un argument de recrutement très concret, la promesse d’equity.
En gros, ils peuvent attirer les meilleurs chercheurs avec autre chose qu’un salaire ou qu’un titre. Une part du futur. Pour Google, le sujet n’est donc pas seulement RH. Il touche à la capacité de garder les cerveaux qui fabriquent ses modèles les plus sensibles, au moment précis où la compétition sur l’IA se joue aussi en coulisses.