Bluesky pousse Attie vers la recherche, et cherche son modèle

Gros plan du logo Bluesky et d’une aiguille
Image d'illustration. Bluesky teste un usage plus large d’Attie. — ADN

L’assistant IA de Bluesky ne sert plus seulement à créer des feeds. Avec Quests, il devient un outil d’exploration du réseau ouvert AT Protocol.

En bref

  • Bluesky ajoute Quests à Attie
  • L’outil explore aussi l’écosystème AT Protocol
  • Le lancement répond aussi à un enjeu business

La croissance de Bluesky n’a plus le même rythme. Le réseau avait doublé à 40 millions de comptes en un an, en octobre dernier. Il revendique désormais autour de 45,6 millions d’inscrits. L’écart n’est pas anodin, parce qu’il éclaire la suite, Attie ne progresse pas seulement comme produit, il devient aussi un test très concret pour la monétisation et l’élargissement des usages.

Une IA pensée pour lire l’Atmosphere

Avec sa nouvelle fonction Quests, Attie sort du cadre initial. Jusqu’ici, l’assistant IA de Bluesky servait surtout à fabriquer des feeds sociaux sur mesure, sans écrire de code. Désormais, il peut répondre à des questions ouvertes sur ce qui circule dans l’Atmosphere, le surnom donné à l’ensemble social reposant sur AT Protocol.

Concrètement, on peut lui demander de repérer des sujets qui montent, ou d’identifier les comptes les plus influents dans un secteur ou une zone géographique. Et ce point compte, l’outil ne regarde pas uniquement Bluesky, mais aussi les applications branchées sur le protocole sous-jacent. En gros, Attie commence à jouer le rôle d’un moteur de recherche social natif à l’open social.

Attie change de rôle, pas seulement d’interface

Lancé en mars, Attie était déjà présenté comme un produit à part. Il permet de concevoir son propre algorithme, de créer des custom feeds et, à terme, potentiellement de générer ses propres apps. Avec Quests, la promesse glisse vers autre chose, comprendre le réseau, pas juste le personnaliser.

Jay Graber, devenue directrice de l’innovation après avoir quitté en mars son poste de CEO, résume cette ambition ainsi : « L’IA d’Attie est un outil qui vous aide à donner du sens à Internet, en vous aidant à lutter contre la prolifération de la désinformation et du bruit, en vous donnant les outils pour trouver vous-même la vérité ». Elle ajoute que Bluesky parie sur des outils capables d’aider les utilisateurs à comprendre le monde, tout en abaissant la barrière d’entrée vers AT Protocol.

Au passage, Attie est en cours de refonte, avec des fonctions d’accessibilité, un nouveau logo et d’autres changements à venir. La nouvelle expérience reste en bêta, avec une ouverture progressive depuis une liste d’attente dans les prochaines semaines.

Derrière l’outil, une équation de croissance et de revenus

Le contraste est assez net. Une partie des utilisateurs de Bluesky se montre méfiante envers l’IA, pour des raisons économiques, politiques ou environnementales. Mais la société doit financer sa plateforme et le développement d’AT Protocol. Résultat, elle avance sur une ligne de crête.

Pour l’instant, Attie reste gratuit. Mais Bluesky a déjà évoqué l’idée de le facturer, tout comme celle de lancer un abonnement premium ou des outils destinés aux power users. Et il y a un peu d’air pour tenter ce genre d’essais, l’entreprise a levé environ 92 millions d’euros (100 M$) lors d’un tour bouclé en 2025. Pas mal de marge pour expérimenter, quand même, mais aussi une pression claire pour trouver un modèle qui tienne.

Jérôme Nelra

Spécialiste Tech

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