Valorisée autour de 2 milliards d’euros, l’estonienne Blackwall mise sur les hébergeurs pour monétiser la sécurité web face aux bots et agents IA.
En bref
- Blackwall lève environ 92 millions d’euros
- Valorisation portée à environ 2 milliards d’euros
- Sa cible, les hébergeurs face aux bots IA
Le web ouvert coûte de plus en plus cher à défendre. Entre les attaques DDoS, le scraping massif, les fermes de bots et les agents IA qui bombardent les sites, la couche infrastructure redevient un vrai terrain de guerre. C’est dans ce contexte que Blackwall, basé en Estonie, vient de boucler une série C de 92 millions d’euros (100 millions de dollars), sur une valorisation d’environ 2 milliards d’euros (2,2 milliards de dollars).
Le trafic web est devenu un champ de bataille rentable
Ces dernières années, des acteurs comme Cloudflare, Akamai, Imperva ou Blackwall se sont retrouvés en première ligne. Ils absorbent le sale boulot, requêtes malveillantes, botnets, trafic parasite, robots qui aspirent tout sans discernement. Et maintenant, les agents IA s’ajoutent au lot.
Pour l’écosystème, l’enjeu va au-delà de la simple cybersécurité. Celui qui sait trier le bon trafic du mauvais contrôle une partie de la relation entre les sites, les plateformes cloud et, demain, les agents autonomes qui agiront à la place des utilisateurs.
Blackwall parie sur les hébergeurs, pas sur la vente directe
Là où Blackwall se distingue, c’est son choix de ne pas aller vendre frontalement aux sites web. La société travaille avec les hébergeurs, les fournisseurs de services managés et les opérateurs cloud. Elle leur livre un ensemble d’outils qu’ils adaptent, habillent à leur marque, puis revendent à leurs propres clients.
Ce positionnement est malin. Il laisse aux fournisseurs la maîtrise du pricing et de la relation commerciale, pendant que Blackwall récupère une part des revenus. Le modèle commence par un niveau gratuit, qui montre le trafic et les menaces sur le réseau. La monétisation arrive ensuite, dès qu’il faut activer la protection ou des outils de remédiation.
La vraie promesse, distinguer l’agent utile du bot toxique
Le cœur produit ne se limite pas à bloquer. Blackwall propose aussi de la threat intelligence, de la gestion de certificats, du routage de trafic et de la protection DDoS. Mais le sujet du moment, clairement, c’est la qualification des requêtes.
Selon son cofondateur et CEO Nikita Rozenberg, la société utilise du fingerprinting numérique pour identifier le logiciel à l’origine d’une requête, par exemple Microsoft Office ou Codex. Elle ajoute à cela ses propres modèles d’IA déployés aux endpoints de ses clients pour analyser l’intention et le comportement. L’objectif, en gros, est simple : séparer le visiteur légitime, l’agent IA autorisé et le bot malveillant.
Une levée de 92 millions d’euros pour changer d’échelle
Le tour est mené par AVP, avec la participation de Dawn Capital, MMC Ventures et Tera Ventures. Roi Carthy, executive chairman, indique que cette opération multiplie par quatre la valorisation depuis le précédent financement en 2025.
Et la suite est limpide. Blackwall veut accélérer en Amérique du Nord, en Europe, en Asie-Pacifique et au Moyen-Orient, tout en enrichissant son arsenal pour les hébergeurs, le cloud et les MSP. Face à des agents IA capables demain de négocier un accès, voire de payer au nom d’un utilisateur, ce créneau n’a rien d’anecdotique.