Bagues connectées : un marché en pleine ébullition

Image d'illustration. Obsidian Black Circular Ring2Circular / PR-ADN
Discrètes mais puissantes, les bagues connectées s’imposent comme la nouvelle frontière de la tech santé. Croissance fulgurante, géants en embuscade et innovations cliniques dessinent un futur prometteur et très convoité.
Tl;dr
- Croissance rapide du marché des bagues connectées.
- Ōura domine, nouveaux acteurs sans abonnement émergent.
- Usage santé, sommeil et diversification clinique s’intensifient.
Un marché en pleine expansion
Porté par une dynamique sans précédent, le marché mondial des bagues connectées affiche des prévisions de croissance impressionnantes. Les cabinets spécialisés estiment ainsi un chiffre d’affaires compris entre 0,37 et 0,41 milliard de dollars pour 2024–2025, avec un cap ambitieux fixé à environ 1,1 milliard à l’horizon 2030. Si l’on en croit les projections d’IDC, le volume d’unités vendues pourrait presque doubler en un an, passant de près de 880 000 exemplaires en 2023 à plus de 1,7 million dès 2024. Toutefois, malgré cette accélération, il faut rappeler que ce segment reste encore largement naissant comparé au marché bien établi des montres connectées.
Acteurs majeurs et stratégies différenciantes
Dans ce paysage concurrentiel, la marque Ōura s’impose nettement comme leader. Détentrice d’environ 80% de parts de marché en 2023 et ayant déjà écoulé plus de 5,5 millions d’exemplaires cumulés, elle semble toutefois devoir composer avec l’arrivée remarquée de nouveaux concurrents. Le lancement très attendu de la Samsung Galaxy Ring, prévu fin juillet 2024 et commercialisé autour de 399 dollars, illustre l’irruption des géants grand public dans ce secteur. Par ailleurs, plusieurs challengers — comme Amazfit Helio Ring, Ultrahuman Ring Air, RingConn Gen 2, ou encore la française Circular cherchent à se démarquer par une absence d’abonnement ou une autonomie renforcée.
Une tendance significative se dessine : alors que certaines marques (ex : Ōura) continuent de miser sur un modèle par abonnement (environ 6 $/mois), d’autres misent résolument sur l’achat unique sans frais récurrents — un positionnement susceptible d’attirer les utilisateurs soucieux du coût total.
Nouvelles fonctionnalités et diversification clinique
Les usages actuels se concentrent principalement sur le suivi du sommeil, la récupération physique, la variabilité cardiaque (HRV) ou la température corporelle. Toutefois, certains fabricants commencent à cibler des segments plus spécifiques tels que la santé féminine (périménopause ou suivi de grossesse). L’exemple marquant vient de la société américaine Movano, dont le modèle EvieMED vient d’obtenir la certification FDA pour son oxymétrie ; cela ouvre la voie à une utilisation clinique élargie comme le suivi médical à distance ou le dépistage des apnées du sommeil.
Pistes d’avenir et enjeux pour les opérateurs télécoms
À moyen terme, les analystes anticipent une croissance à deux chiffres alimentée par trois moteurs principaux :
- L’arrivée progressive des grandes marques généralistes.
- L’intégration croissante dans l’assurance santé ou la prévention en entreprise.
- L’innovation autour du traitement localisé des données via l’IA embarquée.
On remarque tout de même quelques points de friction persistants : variabilité des mesures selon les modèles, contraintes logistiques liées à l’ajustement précis des tailles ou encore dépendance forte aux écosystèmes fermés (par exemple optimisation exclusive pour les smartphones Samsung). Enfin, côté financement, Ōura a récemment levé près de 900 millions de dollars afin d’accélérer sa recherche en intelligence artificielle et consolider sa position, un signe fort que ce marché n’a pas fini de surprendre. Si Apple se lance, ce sera un signal fort, d’autant plus si cela s’accompagne d’un rachat que la firme a largement les moyens d’assumer.