Après le smartphone, le robot humanoïde s’invite dans nos foyers

Image d'illustration. Robot humanoïde moderne dans un salon contemporain avec une familleUn robot humanoïde moderne interagit avec une famille dans un salon élégant et contemporain rempli de dispositifs intelligents.
Portés par des investissements massifs et les progrès de l’IA physique, les robots humanoïdes s’imposent comme les candidats les plus crédibles pour devenir le prochain objet technologique universel après le smartphone.
Tl;dr
- L’humanoïde vise à succéder au smartphone comme objet universel.
- Investissements records en Chine, Corée et États-Unis.
- Déploiement domestique attendu entre 2030 et 2035.
Un nouvel horizon après le smartphone ?
Depuis l’arrivée de l’iPhone en 2007, la question du « prochain grand objet universel » hante l’industrie technologique. Aujourd’hui, médias américains, chinois ou coréens s’accordent : le robot humanoïde pourrait bien incarner cette nouvelle étape. Là où le smartphone a glissé un ordinateur dans nos poches, certains envisagent qu’un assistant robotisé prenne place dans nos salons d’ici peu.
Investissements massifs et ambitions globales
Les chiffres donnent le tournis. Selon des analystes relayés par Business Insider, les financements mondiaux dédiés à la robotique ont bondi de 4 à 26 milliards de dollars entre 2019 et 2025. Des géants comme Nvidia, Tesla, OpenAI, ou encore Meta placent désormais l’humanoïde au cœur de leur vision pour l’IA physique. Désormais, il ne suffit plus que les algorithmes comprennent ou dialoguent : il faut qu’ils agissent dans notre monde.
Le terme « Physical AI » supplante même celui d’« IA générative » dans la Silicon Valley. L’ambition affichée est claire : déléguer tâches ménagères, manutention ou assistance aux personnes fragiles à ces robots qui seraient des extensions physiques de notre intelligence numérique.
L’Asie en tête de la course industrielle et sociale
Toutefois, si les États-Unis dominent le logiciel, la Chine entend bien reproduire sa stratégie des véhicules électriques pour imposer ses champions comme Unitree Robotics, AgiBot ou encore Noetix. Les prix annoncés pour certains modèles s’approchent désormais de ceux d’une voiture d’occasion, autour de 13 000 à 16 000 dollars, tandis que Pékin fait du secteur un enjeu aussi crucial que les semi-conducteurs. En 2025, près de 90 % des expéditions mondiales de robots humanoïdes proviennent déjà de Chine selon Reuters. Atout majeur : une maîtrise industrielle locale totale sur moteurs, batteries ou capteurs.
La perspective sud-coréenne diffère légèrement. Là-bas, face au vieillissement accéléré et au manque croissant de main-d’œuvre, groupes comme Hyundai, propriétaire de Boston Dynamics ou encore Samsung Electronics, investissent massivement dans la robotique d’assistance et cherchent à transformer ces machines en véritables compagnons quotidiens.
Lente diffusion et obstacles multiples
Faut-il s’attendre à voir débarquer ces robots chez nous dès demain ? Les optimistes misent sur une première vague dès 2026-2027 avec des prototypes domestiques signés Tesla, 1X ou encore Unitree. Pourtant, la plupart des experts tablent plutôt sur une diffusion grand public entre 2030 et 2035. D’ici là, ces humanoïdes opéreront principalement dans les usines, entrepôts ou hôpitaux.
Concrètement, voici ce que ces nouveaux compagnons pourraient accomplir :
- aide au ménage et rangement ;
- aide aux seniors et aux personnes handicapées ;
- soutien logistique (port d’objets lourds) ;
- surveillance du domicile ou préparation simple des repas.
- …
Pour autant, trois freins majeurs persistent : coût élevé (10 000 à 30 000 euros attendus), difficultés techniques dans un environnement domestique complexe… sans oublier les interrogations sociétales sur la vie privée et la cybersécurité. Le smartphone n’a donc pas dit son dernier mot face à cette révolution annoncée qui risque bien d’être progressive, imparfaite… mais déjà irrésistiblement lancée.