Apple Watch : les cadrans interdits après la défaite judiciaire face à Masimo

Image d'illustration. Apple watch 10 01Apple
La célèbre montre connectée d’Apple pourrait bientôt disparaître des rayons américains à la suite de la défaite du groupe face à Masimo en justice, une décision qui soulève de nombreuses questions pour les utilisateurs et le marché des objets connectés.
Tl;dr
- Apple condamné à payer 634 millions à Masimo.
- L’ITC enquête sur un possible nouveau bannissement des Apple Watch.
- Apple prévoit de faire appel du verdict.
Apple face à la justice américaine : une sanction lourde et des menaces persistantes
La semaine dernière a été marquée par une série de revers pour Apple concernant ses célèbres Apple Watch. D’abord, un jury fédéral californien a statué en faveur de la société de technologies médicales Masimo, reconnaissant que le géant de Cupertino avait bel et bien enfreint un brevet clé lié à la technologie de suivi de l’oxygène sanguin. Résultat : « Apple doit s’acquitter d’une somme colossale de 634 millions de dollars », selon le verdict relayé par Reuters.
Bataille judiciaire au long cours entre Apple et Masimo
Cet épisode judiciaire n’est que le dernier rebondissement d’un conflit qui s’étire depuis 2021. Les deux entreprises s’opposent notamment sur l’utilisation du pulse oximètre intégré aux montres connectées d’Apple. Pour mémoire, une première plainte avait débouché sur un procès annulé en 2023, mais l’affaire a rebondi en décembre lorsque la US International Trade Commission (ITC) a estimé qu’Apple violait effectivement le brevet concerné. Cette décision a entraîné un blocage partiel des ventes des modèles Apple Watch Series 9 et Ultra 2 sur le sol américain.
Pour contourner ce coup d’arrêt, la marque à la pomme avait désactivé temporairement la fonctionnalité d’oxygénation du sang sur ses appareils et commercialisé une nouvelle version validée par les autorités douanières américaines.
Nouvelles enquêtes et risques accrus pour les montres connectées d’Apple
Mais vendredi, nouveau coup dur : l’ITC a annoncé vouloir rouvrir l’enquête afin de vérifier si les dernières versions des montres respectaient bel et bien les décisions précédentes. Si les experts concluent que les modifications apportées par Apple restent litigieuses, un second bannissement pourrait viser les modèles les plus récents, voire ceux lancés cette année comme l’Apple Watch Series 11, l’Ultra 3 ou encore la SE 3. À ce jour, aucune précision ne permet d’affirmer si ces sanctions concerneraient aussi ces nouveautés.
Voici ce qui rend ce dossier particulièrement complexe :
- L’unique brevet au cœur du litige est arrivé à expiration en 2022.
- L’usage controversé concerne des technologies anciennes de monitoring médical.
- D’autres différends similaires impliquant notamment AliveCor ou Masimo ont parfois tourné en faveur d’Apple.
Perspectives incertaines et stratégie défensive d’Apple
La riposte ne s’est pas fait attendre : un porte-parole d’Apple indique que la firme compte contester fermement ce jugement – rappelant que le brevet incriminé est désormais expiré. Pourtant, alors que certains succès juridiques récents avaient semblé inverser la tendance (notamment contre AliveCor), cette nouvelle décision fragilise nettement la position du géant californien dans la course à l’innovation médicale connectée.