Apple pointe du doigt l’Europe, accusée de freiner l’arrivée des boutiques d’applications alternatives

Image d'illustration. App Store Apple Apple / PR-ADN
Apple pointe du doigt l’Union européenne après l’échec de la mise en place de boutiques d’applications alternatives sur iPhone, estimant que les autorités multiplient les obstacles et ralentissent l’ouverture du marché numérique à la concurrence.
Tl;dr
- Apple accuse l’UE de retarder délibérément sa conformité DMA.
- La fermeture de Setapp relance les critiques sur les règles d’Apple.
- L’UE maintient un dialogue constant pour trouver une solution.
Des tensions croissantes autour du Digital Markets Act
Le bras de fer entre Apple et la Commission européenne autour du Digital Markets Act (DMA) ne faiblit pas. En toile de fond, la récente fermeture de la boutique alternative d’applications Setapp, développée par MacPaw, qui a relancé les débats sur les conditions imposées par le géant californien. Les développeurs à l’origine de cette plateforme estiment en effet que les règles et frais instaurés restent « complexes et évolutifs », compromettant leur modèle économique.
L’épineuse question des conditions commerciales
Depuis l’entrée en vigueur du DMA, en 2024, la pression s’est accrue sur Apple. Désormais obligé d’ouvrir son écosystème à des magasins tiers, le groupe avait mis en place de nouvelles exigences, notamment une redevance de 0,50 € par installation au-delà du million de téléchargements. Pourtant, ces mesures n’ont pas convaincu tout le monde. Dès avril 2025, la Commission a épinglé Apple, estimant que ses pratiques freinaient toujours l’accès à des moyens de paiement alternatifs. Un verdict qui s’était traduit par une amende retentissante : près de 500 millions de dollars. En réaction, la société avait annoncé une modification du calcul des commissions pour les boutiques tierces via le « Core Technology Commission (CTC) », reposant sur un partage de revenus à hauteur de 5 %.
Plaintes publiques et dialogue difficile
Mais la situation semble désormais dans l’impasse. Selon le groupe américain, la Commission européenne aurait jusqu’ici refusé d’entériner ses propositions d’évolution. Dans une déclaration relayée par Bloomberg, Apple fustige ce qu’elle considère comme « des tactiques politiques dilatoires destinées à tromper le public, déplacer les objectifs et cibler injustement une entreprise américaine avec des enquêtes et sanctions excessives ». L’entreprise assure avoir soumis dès octobre un plan formel pour se mettre en conformité sans réponse jusqu’ici.
Face à ces accusations, l’exécutif bruxellois insiste sur sa volonté d’avancer : il affirme maintenir un dialogue « constant » avec Apple afin d’aboutir à un accord pleinement conforme au DMA. La Commission rappelle que sa priorité demeure que tous les « gatekeepers » respectent sans réserve ce nouveau cadre réglementaire européen.
Sous pression : quelles perspectives ?
En résumé, trois éléments cristallisent actuellement le débat :
- L’interprétation divergente des obligations imposées par le DMA.
- L’incertitude persistante autour des modalités financières exigées aux boutiques tierces.
- L’influence grandissante des développeurs qui dénoncent la complexité des règles d’Apple. Ce qui n’est pas le cas des développeurs américains qui peuvent désormais communiquer librement avec les clients sur les options de paiement alternatives suite à une décision judiciaire liée au litige Epic Games v. Apple confirmée et appliquée malgré les appels.
Dans ce climat tendu, difficile pour l’instant d’entrevoir un compromis rapide entre Cupertino et Bruxelles même si chacun réaffirme publiquement sa disponibilité au dialogue.