Apple ouvre l’accès aux boutiques d’applications et paiements alternatifs au Brésil

Image d'illustration. App Store Apple Apple / PR-ADN
Apple s’apprête à ouvrir son écosystème au Brésil en autorisant l’installation de boutiques d’applications tierces et des solutions de paiement alternatives, une décision majeure qui intervient dans un contexte mondial de pressions réglementaires accrues sur le secteur technologique.
Tl;dr
- Apple autorisée à proposer des alternatives de paiement au Brésil.
- Nouvelle structure tarifaire appliquée aux achats in-app.
- Apple sous pression accrue des régulateurs internationaux.
Un accord inédit entre Apple et le régulateur brésilien
Ces dernières semaines, la filiale brésilienne du géant Apple s’est retrouvée dans la tourmente, sous le regard attentif du Conseil Administratif de la Défense Économique (CADE). Après des années d’enquête autour des pratiques tarifaires de l’App Store et de l’interdiction faite aux boutiques concurrentes d’applications, les autorités ont finalement accepté une proposition qui marque un tournant pour les utilisateurs comme pour les développeurs.
Nouvelles règles pour l’App Store et alternatives de paiement
Le compromis trouvé prévoit une ouverture notable : désormais, il sera possible d’utiliser des systèmes alternatifs pour le traitement des paiements dans les applications. Les développeurs pourront ainsi présenter, côte à côte, leur propre solution ainsi que celle de Apple, un changement majeur comparé à la situation antérieure. Désormais aussi, il sera permis d’insérer des liens menant vers des sites externes pour effectuer ses achats. Toutefois, si la firme californienne pourra avertir ses clients sur les risques potentiels de ces options externes, ces messages devront rester strictement neutres.
Autre point clé : l’installation de boutiques d’applications tierces sera bientôt autorisée sur les appareils Apple. Là encore, la société aura le droit d’afficher une alerte objective auprès de ses utilisateurs.
Une grille tarifaire repensée et alignée sur l’Europe
La révision du modèle économique est au cœur de ce règlement. Plusieurs niveaux de frais ont été instaurés :
- Aucun frais si le choix externe est proposé en texte simple seulement ;
- 15 % lorsque l’option externe prend la forme d’un bouton ou lien cliquable ;
- Poursuite des commissions classiques (10 ou 20 %) pour les achats réalisés via l’App Store ;
- 5 % de frais supplémentaires lors de chaque transaction par le système Apple ;
- Enfin, toute application téléchargée depuis une boutique tierce sera soumise à une « Core Technology Fee » de 5 %.
Cette nouvelle organisation rappelle fortement les adaptations opérées par la marque après le vote du Digital Markets Act européen.
Sanctions financières et pression mondiale croissante
Le temps presse désormais pour la société américaine : elle dispose d’un délai précis – 105 jours – pour mettre en œuvre ces changements sous peine d’une sanction pouvant atteindre 27 millions de dollars. Cette séquence s’inscrit dans un contexte mondial tendu : accusée à Bruxelles d’avoir enfreint le nouveau règlement européen sur la concurrence numérique, la firme se bat contre une amende record de 587 millions. Outre-Atlantique, elle reste également en litige avec Epic Games, créateur du célèbre jeu vidéo Fortnite, au sujet des commissions imposées lors des achats effectués via des plateformes tierces.
Ainsi, loin d’être isolé, ce compromis au Brésil témoigne de la pression croissante exercée sur les modèles économiques historiques des géants technologiques.