Abonnements piégés, sociétés écrans: la FTC expose un angle mort

Essai gratuit et societes liees a PayPal
Image d'illustration. Abonnements et societes ecrans au coeur du dossier. — ADN

La FTC attaque Genesis Tech et détaille un système d’apps à abonnement piégé, dopé par des sociétés écrans et près de 647 millions d’euros via PayPal.

  • La FTC vise Genesis Tech et son réseau
  • Environ 647 euros millions via PayPal
  • Apps piégées, résiliation difficile, sociétés écrans

On ne parle plus de quelques apps pénibles perdues dans un store. La plainte de la FTC décrit un système qui a brassé environ 231 millions d’euros (près d’un quart de milliard de dollars) de revenus mondiaux entre le début 2023 et la mi-2025 pour cinq sociétés liées. Et sur les douze mois arrêtés en septembre 2025, les transactions passées par l’ensemble des comptes PayPal connectés auraient atteint environ 647 millions d’euros (près de 700 millions de dollars).

Des volumes qui changent la lecture du dossier

Ce niveau de chiffre d’affaires change tout. La plainte ne vise pas un éditeur opportuniste, mais un réseau que l’agence fédérale présente comme structuré pour capter des abonnements à grande échelle, puis faire circuler l’argent à l’étranger.

Les cinq sociétés mises en avant concentrent l’essentiel visible du dispositif. On y retrouve Amoapps Limited avec MadMuscles, Harna et Unimeal, puis Gurudocs Limited pour PDF Guru et PDF Master. S’ajoutent Bramol Limited avec Lumi, Obrio Limited pour Nebula et Koflimin Limited autour de la marque Wisey.

Le montage qui brouille Apple, Google et les contrôles

La partie la plus intéressante, pour l’écosystème mobile, est là. Selon la FTC, Genesis Tech aurait utilisé des filiales immatriculées à Chypre, opérant en Ukraine, pour vendre aux consommateurs américains tout en masquant son identité et ses actifs via des sociétés écrans.

Le mécanisme décrit est assez clair. De nouvelles entités juridiques étaient créées, plusieurs comptes marchands ouverts, puis les fonds transférés d’une société affiliée à l’autre au-delà des frontières. En multipliant les comptes, l’éditeur aurait échappé pendant des années aux programmes de surveillance de la fraude. Pour Apple et Google, c’est un angle mort très concret, parce que le problème n’est plus seulement l’app, mais la structure de publication derrière.

Le vrai produit, c’était l’abonnement

Sur le fond, le schéma reste connu, mais exécuté à grande échelle. Les produits étaient présentés comme gratuits ou peu chers, puis l’utilisateur se retrouvait avec des abonnements à renouvellement automatique.

La plainte ajoute des griefs plus lourds: ventes additionnelles sans information ni consentement, parfois même double facturation. Et quand il fallait couper le service, la résiliation devenait compliquée, faute d’option visible sur les sites ou dans les apps. La FTC affirme aussi que des clients continuaient à être débités sans autorisation.

Une action de plus, mais un signal plus large

Le dossier invoque des violations du FTC Act et de la loi ROSCA. Sont également visés Stamatis Skianis, Oksana Kucher, Iryna Oleksyn, Olga Garbuzenko, Rostyslav Ivanitsa et Viktoriia Savchuk. L’affaire sera jugée devant la cour fédérale du district nord de la Californie.

Ce n’est pas un coup d’essai. La FTC a déjà poursuivi ou réglé des dossiers avec NGL, Match, Handy, HyperBeard, mais aussi des acteurs proches comme Tapjoy ou X-Mode. TechCrunch dit avoir sollicité Genesis Tech via les adresses publiques des filiales citées, sans réponse immédiate. Bon, le signal est limpide: le régulateur ne regarde plus seulement les apps, il remonte désormais toute la chaîne.