Chrome corrige 1.072 failles en juin, l’IA change vraiment d’échelle

Logo Chrome déchiré en très gros plan
Image d'illustration. Chrome a colmaté 1 072 failles en juin. — ADN

Google affirme avoir corrigé plus de failles dans les deux dernières versions de Chrome qu’en deux ans. Un signal fort sur l’impact réel de l’IA en sécurité.

En bref

  • Google annonce 1.072 correctifs sur deux versions
  • Le total dépasse deux ans de correctifs Chrome
  • L’IA pèse déjà sur la cybersécurité

Le chiffre est brutal. En juin, Google dit avoir corrigé 1.072 failles de sécurité dans les deux dernières versions de Chrome. C’est plus que sur les 23 versions précédentes publiées en deux ans, qui totalisaient 1.036 correctifs.

Pour un acteur de cette taille, ce n’est pas juste une bonne séquence de patchs. C’est un changement d’échelle. Et pour l’écosystème mobile et web, vous voyez tout de suite l’enjeu, la découverte de vulnérabilités entre dans une logique beaucoup plus automatisée.

Un mois de correctifs qui écrase deux années

Les deux versions concernées, Chrome 149 et 150, sont sorties le mois dernier. Chez Google, chaque version est appelée un milestone. Le contraste est net avec la base de comparaison choisie par l’entreprise, les 23 versions précédentes, depuis Chrome 126 lancé en juin 2024.

Résultat, en un seul mois, Google revendique davantage de bugs corrigés qu’entre juin 2024 et le printemps 2026. Bon, il faut lire ce chiffre pour ce qu’il est, un volume de corrections, pas une mesure directe de la gravité des failles. Mais sur le plan opérationnel, ça raconte déjà beaucoup de choses.

Pourquoi Google y voit un tournant industriel

Depuis l’arrivée des LLM, beaucoup d’experts en cybersécurité préviennent que l’IA va faire exploser la capacité à trouver des bugs. Les attaquants peuvent s’en servir, donc les défenseurs aussi. Là, Google avance enfin une donnée concrète qui colle à cette hypothèse.

L’entreprise a publié un graphique dans un livre blanc consacré à ses efforts pour détecter plus vite les défauts et les corriger plus rapidement. Selon Doug Turner, directeur de l’ingénierie de Chrome, les LLM ont profondément modifié l’économie de la cybersécurité en transformant la découverte de vulnérabilités en une opération automatisée à l’échelle industrielle.

Il ajoute, à propos de modèles comme Gemini, « En appliquant des modèles comme Gemini, nous corrigeons les vulnérabilités de manière préventive, nous dépassons nos adversaires et nous rendons Chrome plus sûr à chaque mise à jour ». Clairement, le message est simple, Google veut montrer qu’il ne subit pas cette accélération, il l’exploite.

Microsoft suit la même pente, Apple beaucoup moins

Google n’est pas seul à observer cette hausse. Plus tôt ce mois-ci, Microsoft a annoncé avoir corrigé un record de 570 failles de sécurité dans l’ensemble de ses produits lors de son cycle mensuel de correctifs, le fameux Patch Tuesday. Là aussi, l’entreprise a mis en avant son usage de l’IA pour expliquer ce bond.

Chez Apple, le tableau paraît bien moins spectaculaire. D’après un décompte indépendant, la marque a corrigé 482 bugs dans ses produits en 2026. Un rythme proche de 2025, et aussi à peu près comparable à 2015. Apple n’a pas répondu à une demande de commentaire.

Ce décalage compte. Il suggère que l’effet de l’IA sur la sécurité n’apparaît pas partout avec la même intensité, ni au même moment.

Christophe Romei

Spécialiste Tech

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