La Commission Européenne et 𝕏 : redéfinir les règles du jeu pour les réseaux sociaux en Europe

La Commission Européenne (CE) est en conflit avec 𝕏 (anciennement Twitter) concernant la gestion de la désinformation sur la plateforme. Ce différend pourrait entraîner des amendes considérables pour l'entreprise.
Les accusations de la CE contre 𝕏
Le vendredi, Elon Musk a affirmĂ© que la CE avait proposĂ© à 𝕏 un accord secret et illĂ©gal : en Ă©change de la censure discrète de certains contenus, la CE n’imposerait pas d’amendes quotidiennes liĂ©es au système de vĂ©rification des comptes. Ces amendes pourraient atteindre 6% des revenus annuels de l’entreprise. Musk a Ă©galement indiquĂ© que d’autres plateformes avaient acceptĂ© cet accord, mais pas 𝕏.
Le commissaire europĂ©en Thierry Breton a annoncĂ© que les conclusions prĂ©liminaires de la CE indiquaient que, sous la direction prĂ©cĂ©dente, les vĂ©rifications bleues signifiaient des sources d’information fiables. Aujourd’hui, elles violent la loi sur les services numĂ©riques (Digital Services Act – DSA) car « n’importe qui peut obtenir ce statut ‘vĂ©rifiĂ©' », ce qui pourrait conduire Ă des amendes et Ă des changements significatifs.
Accurate https://t.co/iBkfYvtDIq
— Elon Musk (@elonmusk) July 13, 2024
Les exigences de la CE et la réponse de 𝕏
La CE souhaitait que 𝕏 engage une Ă©quipe en Europe pour surveiller et supprimer la dĂ©sinformation, sans recours possible pour l’entreprise contre ces dĂ©cisions. Selon un porte-parole de la CE, Thomas Regnier, l’objectif de la DSA est de garantir un environnement en ligne sĂ»r et Ă©quitable, respectueux des droits des citoyens, notamment la libertĂ© d’expression. La DSA exige un mĂ©canisme de plainte transparent pour les utilisateurs, qui ont le droit de contester la suspension de leur compte.
Elon Musk a déclaré son intention de poursuivre la CE en justice si ses conclusions préliminaires sont confirmées et si des mesures coercitives sont prises contre 𝕏.
Contexte et implications du DSA
La DSA, pleinement applicable depuis fĂ©vrier, vise Ă imposer des amendes pouvant aller jusqu’Ă 6% des revenus annuels des entreprises comme 𝕏, Meta et Google pour des violations telles que le non-retrait de contenu « illĂ©gal » une fois signalĂ©. Ce qui est considĂ©rĂ© comme illĂ©gal varie selon les lois nationales des États membres de l’UE, pour autant qu’elles soient compatibles avec le droit de l’UE. Par exemple, un contenu illĂ©gal en Allemagne doit ĂŞtre retirĂ© pour les utilisateurs allemands, mĂŞme s’il ne l’est pas dans un autre État membre.
La CE accuse Ă©galement 𝕏 de ne pas se conformer aux exigences de transparence publicitaire et d’empĂŞcher les chercheurs d’accĂ©der Ă ses donnĂ©es publiques, violant ainsi la DSA. En avril, Musk s’Ă©tait opposĂ© aux lĂ©gislateurs brĂ©siliens qui demandaient le retrait de comptes sans explication, mais avait finalement cĂ©dĂ© Ă leurs demandes.
Aujourd’hui, les conclusions de la CE restent prĂ©liminaires. Cependant, si elles sont confirmĂ©es, cela pourrait entraĂ®ner des amendes significatives et des mesures pour remĂ©dier aux infractions. Ce conflit entre 𝕏 et la CE illustre les tensions croissantes entre la rĂ©gulation europĂ©enne et les grandes plateformes numĂ©riques. La CE cherche Ă protĂ©ger les citoyens contre la dĂ©sinformation, mais les mĂ©thodes proposĂ©es soulèvent des questions sur la libertĂ© d’expression et le contrĂ´le de l’information. Le rĂ©sultat de cette affaire pourrait bien redĂ©finir les règles du jeu pour les rĂ©seaux sociaux en Europe.