La domination de Google se reflète dans le financement des startups

Le procès antitrust prétend que Google a le monopole de la recherche générale mais pas de la recherche spécialisée ! Les fonds d'investissements n'ont pas été super actifs dans le financement aux startups du Search face au géant, consensus ou défaite ?
Nous avons tous lu de nombreux articles sur l’hypothétique démantèlement du géant US. Le ministère américain de la Justice a accusé Google de détenir un monopole illégal sur les recherches et la publicité basée sur les recherches. En contrôlant 88% des recherches générales, affirme le gouvernement, la société étouffe la concurrence. En février 2020, la Federal Trade Commission s’est penchée sur le rachat de centaines d’entreprises/startups par Facebook, Amazon, Apple, Microsoft et Google. L’examen portait sur les acquisitions d’une valeur moindre, d’environ 100 millions de dollars ou moins, qui n’ont pas donné lieu à des obligations gouvernementales en matière de rapports pour les entreprises.
Certaines critiques ont souligné aussi des acquisitions plus importantes par Facebook d’Instagram et de WhatsApp comme des accords qui devraient être remis en question. Les services de messagerie populaires font partie des quelque 70 entreprises que Facebook a acquises au cours des 15 dernières années, ce qui lui confère ce que les critiques disent être une puissance de marché massive, ce qui lui a permis d’étouffer la concurrence. Google avait fait l’objet d’un examen antitrust il y a plus de dix ans à la suite de son acquisition de DoubleClick, un concurrent de la publicité numérique. Le Congrès et les régulateurs antitrust ont permis à tort aux grandes entreprises technologiques de se réglementer, leur permettant de fonctionner de manière incontrôlable, de dominer Internet et d’étouffer l’innovation et l’entrepreneuriat en ligne.
Le ministère américain de la Justice a intenté une action en justice contre Google pour maintien illégal d’un monopole sur les services de recherche généraux et la publicité de recherche en violation des lois antitrust américaines. Il accuse Google d’être un gardien de monopole pour Internet se livrant à des «tactiques anticoncurrentielles pour maintenir et étendre ses monopoles. Réponse de Google !
Comme le montre le graphique suivant, la domination de Google sur le marché américain de la recherche peut en fait être qualifiée de monopolistique. Selon Statcounter , une entreprise qui suit plus de 10 milliards de pages vues sur plus de 2 millions de sites Web par mois, la part de marché de Google aux États-Unis s’élève actuellement à 81,5% sur les appareils de bureau et à près de 95% sur les appareils mobiles (à l’exclusion des tablettes).

Paradoxe
Les gens n’utilisent pas Google parce qu’ils doivent le faire, ils l’utilisent parce qu’ils le souhaitent. L’usage est intense dans de nombreux domaines et il faut le dire aussi, Google est sûrement meilleur que ses rivaux. Les chiffres donnent le tournis :
- 3,5 milliards de recherches Google sont effectuées chaque jour.
- 90% des recherches effectuées sur les ordinateurs de bureau sont effectuées via Google.
- Google a indexé des centaines de milliards de pages Web. Au total, l’indice est d’environ 100 000 000 Go.
- 35% des recherches de produits démarrent sur Google.
- 60% des recherches Google sont effectuées via des appareils mobiles. Il y a à peine 5 ans, ce chiffre était près de la moitié, soit 34%.
- Le volume de recherches Google augmente d’environ 10% chaque année.
- Chaque année, entre 16% et 20% des recherches Google sont nouvelles – elles n’ont jamais été recherchées auparavant.
- Les annonceurs de Rencontres et de services personnels génèrent les CTR les plus élevés sur les résultats Google payants. Un peu plus de 6% de leurs impressions se transforment en clics !
- 65% des clics sur les résultats de recherche Google payants proviennent d’appareils mobiles.
- 50% des recherches Google «à proximité» effectuées via mobile aboutissent à une visite en magasin.
- …
Startups
Venons-en à notre titre de l’article. Google est super dominant aux États-Unis pour la recherche générale et la publicité basée sur les recherches. Cette domination a eu des impacts clairs dans la sphère des startups. Dans un récent post, Crunchbase souligne qu’ils ont fait une recherche sur le nombre de startups qui évouent autour des principales sphères d’influence de Google. Ils ont trouvé 17 startups Américaines financées au cours des deux dernières années environ avec des liens dans la recherche. Les entreprises figurant sur la liste ont collectivement levé moins de 700 millions de dollars depuis leur création. Alphabet vaut plus d’un billion de dollars, soit environ 1 500 fois ce montant. Nous pouvons donc supposer que les investisseurs ne prévoient pas que la sphère des startups constitue une menace concurrentielle. Il est exagéré de faire valoir que les startups financées axées sur la recherche sont directement en concurrence avec Google. La plupart se situent dans des domaines auxiliaires ou développent une technologie de base plutôt qu’une offre destinée aux consommateurs.
L’une d’elles est bien connue en France, Algolia, une plate-forme de recherche en tant que service basé à San Francisco. Elle a levé 184 millions de dollars en financement de capital-risque auprès d’Accel et d’autres VC. La société développe des API pour aider les entreprises à créer une recherche plus rapide et plus intuitive pour leurs sites Web. Beaucoup de ces startups ne sont pas des concurrents sauf peut-être DuckDuckGo, qui un moteur de recherche axé sur la confidentialité que les consommateurs utilisent à la place ou en plus de Google, a levé 13 millions de dollars à ce jour, dont une ronde de 10 millions de dollars en 2018 qui avec sa part de moins de 2% sur le marché de la recherche ne pèse pas lourd face au géant !
En tout cas, il est difficile de soutenir que la part de marché écrasante de Google, combinée à sa volonté de dépenser en innovation interne pour maintenir et étendre sa domination de la recherche, n’a aucun effet. Apparemment, il y a consensus ou pas par les grand fonds d’investissement en capital-risque qui laisse apparemment Google toutes voiles dehors.