Meta détricote Manus, Pékin verrouille un peu plus sa filière IA

Image d'illustration. MetaMeta / PR-ADN
Sous pression de Pékin, Meta a commencé à séparer Manus de ses systèmes et à couper les échanges de données. Un signal fort pour tout le marché IA.
En bref
- Meta sépare déjà Manus de ses systèmes
- Pékin veut garder la main sur l’IA
- Manus viserait un rachat local et Hong Kong
L’affaire Manus raconte quelque chose de plus large qu’un simple M&A raté. En Chine, le pouvoir serre encore son contrôle sur les actifs jugés sensibles, et l’IA est clairement dans la zone rouge. Pour les groupes américains, le message est limpide, même une société domiciliée hors de Chine n’échappe pas à la logique de souveraineté technologique si ses racines sont chinoises.
Un signal politique qui dépasse le dossier Manus
Il y a environ deux mois, Pékin a ordonné la cession de Manus pour des motifs de sécurité nationale. Ce n’est pas un épisode isolé. Les autorités ont aussi élargi les restrictions de déplacement pour chercheurs et dirigeants du privé, avec validation gouvernementale avant certains voyages à l’étranger.
Et ce n’est pas tout. Des informations récentes indiquent que des groupes comme Moonshot AI, StepFun ou ByteDance devront obtenir un feu vert public avant d’accepter des capitaux américains. Pour l’écosystème, ça change la donne sur la vitesse des deals, la gouvernance et la liquidité future.
Meta coupe les ponts, concrètement
Sur le terrain opérationnel, Meta a déjà commencé à défaire l’acquisition, valorisée environ 1,85 milliard d’euros (2 milliards $). D’après Bloomberg, le groupe a isolé Manus de ses systèmes internes et stoppé le partage de données entre les deux entreprises.
Résultat ? Les salariés de Meta ne peuvent plus utiliser les outils de Manus dans leurs projets internes. C’est le geste le plus concret à ce stade vers une séparation complète.
Manus cherche une porte de sortie locale
En parallèle, les cofondateurs de Manus auraient entamé des discussions préliminaires pour lever environ 925 millions d’euros (1 milliard $) auprès d’investisseurs extérieurs. L’idée serait de reprendre la startup à Meta, puis de bâtir une structure de coentreprise en Chine.
Une cotation à Hong Kong est aussi évoquée. Le timing n’est pas anodin, la place attire cette année plusieurs dossiers IA chinois, notamment MiniMax et Zhipu.
Un dossier très observé des deux côtés du Pacifique
Le contraste est assez rude. Manus avait percé avec une démo d’agent devenue virale, déplacé ses équipes à Singapour à la mi-2025, puis annoncé son rachat par Meta en décembre. Plus tôt cette année, les régulateurs chinois ont commencé à examiner l’opération pour de possibles entorses aux règles sur l’export de technologies et l’investissement étranger.
Même sous pression, la startup continue pourtant de livrer, avec de nouvelles intégrations vers Similarweb et Shopify. Côté cap table, Benchmark a déjà touché le produit de la vente, tandis que Tencent, HSG et ZhenFund coopéreraient au détricotage, selon le Wall Street Journal. Les origines chinoises de la maison mère Butterfly Effect avaient aussi attiré l’attention à Washington, où le sénateur John Cornyn s’interrogeait sur l’usage de capitaux américains. Ni Meta ni Manus n’ont commenté dans l’immédiat.