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Theker lève 79 millions d’euros pour industrialiser son robot modulable

Tech / Startup / Industrie / Robot
Par Christophe Romei,  publié le 12 juin 2026 à 20h00.
Tech
Theker

THEKER Robotics est l'une des startups européennes les plus intéressantes du moment dans le domaine de la robotique industrielle pilotée par l'IA.ADN

La startup barcelonaise Theker boucle environ 79 millions d’euros pour ses robots reconfigurables. Un signal fort pour l’automatisation industrielle en Europe.

En bref

  • Theker lève environ 79 millions d’euros
  • Son robot vise des tâches industrielles variées
  • Barcelone reste le quartier général

Environ 79 millions d’euros (85M$) pour une Série A en robotique, ça pèse. Surtout en Europe, où Theker affirme signer la plus grosse opération du genre à ce stade, et où la jeune pousse n’a pas eu besoin d’attendre des humanoïdes parfaits pour intéresser les industriels. THEKER développe des robots capables d’opérer dans des environnements industriels complexes et peu structurés, là où la robotique classique atteint souvent ses limites : logistique, tri de colis, retail, recyclage, gestion des déchets ou encore industrie manufacturière. Leur promesse est simple : créer des robots capables de s’adapter en temps réel sans devoir être reprogrammés pour chaque nouveau scénario.

Un pari massif sur un robot qui change de forme

Le point fort de Theker, c’est son refus du robot mono-tâche. Sa cofondatrice Carla Gómez Cano résume bien l’idée avec cette formule, « Si vous devez toujours mettre le même biscuit dans la même boîte, cela fonctionne parfaitement, mais la plupart des processus ne sont pas comme ça ».

Du coup, la machine a été pensée pour le désordre réel des entrepôts et des lignes de production. Les mains peuvent changer, les bras aussi, et la forme générale du robot se redimensionne selon le travail demandé. Un jour, il trie des colis. Un autre, il emballe des vêtements. Ou il manipule des bouteilles et des canettes en logistique. Ce n’est pas très glamour, mais c’est précisément là que se joue la valeur.

Des pilotes, très peu pour eux

L’autre signal intéressant, c’est la méthode commerciale. Carla Gómez Cano explique que l’équipe n’a pas créé Theker pour enchaîner les tests sans lendemain. Elle dit même, « Nous n’avons pas construit Theker pour faire des pilotes ». Résultat, la startup contourne les départements innovation et va directement voir les équipes logistique ou opérations, là où les budgets et les délais sont plus concrets.

Pour prouver qu’elle peut livrer, Theker a ouvert un showroom au centre de Barcelone. D’autres doivent suivre en Europe, aux États-Unis et en Asie. Et il y a un autre dossier à surveiller, les discussions avancées avec Samsung, qui n’est pas encore client. Si le groupe coréen devient à la fois client, fournisseur et investisseur, l’effet de levier serait énorme sur la crédibilité industrielle.

Inditex en éclaireur, l’usine en ligne de mire

Le soutien précoce d’Inditex, maison mère de Zara, dit beaucoup sur le point d’entrée commercial de Theker. Mais la cible finale va plus loin que le retail. La société veut pousser ses robots vers des environnements de manufacturing plus lourds, où les tâches manuelles sont plus nombreuses, plus complexes, et surtout plus difficiles à automatiser avec des systèmes trop rigides.

Bon, c’est aussi ce qui distingue son discours de celui de pas mal de startups hardware. Ici, l’ambition généraliste n’est pas un slogan, elle sert un marché où la variabilité des gestes reste un vrai frein à l’automatisation.

Barcelone comme base, l’Europe comme message

La levée a été menée par CRV, avec le soutien d’Samsung et d’Aglaé Ventures, le véhicule d’investissement lié à Bernard Arnault. Elle arrive moins d’un an après un seed déjà record. Et Theker dit avoir levé environ deux fois plus que sa cible initiale, que Carla Gómez Cano situait elle-même entre environ 28 millions d’euros (30M$) et 37 millions d’euros (40M$).

Il y a enfin un sujet écosystème. Malgré cette montée en puissance, le siège reste à Barcelone. La startup y voit un hub robotique crédible, pas un frein. Côté recrutement, la pression est déjà là, avec 15 000 candidatures reçues. L’équipe pourrait passer de quelques dizaines de personnes à 120 d’ici la fin de l’année. Pour une boîte qui veut vendre du concret, clairement, le tempo s’accélère.

Le Récap
  • En bref
  • Un pari massif sur un robot qui change de forme
  • Des pilotes, très peu pour eux
  • Inditex en éclaireur, l’usine en ligne de mire
  • Barcelone comme base, l’Europe comme message
En savoir plus
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