La Corée prolonge l’expérimentation de l’enregistrement des cartes SIM par reconnaissance faciale

Image d'illustration. Reconnaissance facialeADN
La Corée du Sud prolonge son projet pilote permettant l’enregistrement de cartes SIM grâce à la reconnaissance faciale. Cette initiative vise à renforcer la sécurité des procédures d’identification mobile, tout en facilitant l’accès aux services pour les utilisateurs.
Tl;dr
- Pilotage facial étendu jusqu’à fin juin en Corée du Sud.
- Alternatives à la reconnaissance faciale étudiées par le MSIT.
- Guides pour les publics vulnérables en préparation.
Une extension sous surveillance : l’identité numérique à l’essai
L’expérimentation de la vérification d’identité par reconnaissance faciale, lancée en Corée du Sud en décembre 2025, continue de susciter des interrogations au sein du secteur des télécommunications. Après plusieurs mois de test auprès des principaux opérateurs, SK Telecom, KT et LG Uplus mais aussi des acteurs plus modestes rassemblés au sein de la Budget Mobile Phone Association et de la Mobile Telecommunications Distribution Association, le ministère sud-coréen de la Science et des TIC (MSIT) a finalement choisi, face à leurs demandes, de prolonger le dispositif jusqu’à fin juin.
Des opérateurs prudents face aux défis pratiques
Les professionnels du secteur ne cachent pas leurs préoccupations : pour eux, il est impératif d’éviter toute confusion lors du déploiement massif du système. Dans cette optique, ils ont réclamé une période supplémentaire d’au moins trois mois. Leur objectif ? Préciser les procédures internes et établir des guides clairs pour répondre à la diversité des situations sur le terrain. Un point que le ministère semble avoir entendu, puisqu’il affirme vouloir « minimiser les perturbations pour les utilisateurs » et garantir une transition fluide vers ce nouveau modèle d’authentification.
L’inclusion au cœur des priorités ministérielles
Mais cette transition ne concerne pas seulement l’aspect technique. En coulisses, un autre enjeu se profile : comment accompagner les publics les plus fragiles, tels que les personnes âgées, en situation de handicap ou peu familières avec le numérique ? Des parties prenantes ont insisté pour que soit mis en place un accompagnement spécifique et adapté à ces usagers. Il s’agit notamment d’élaborer des modes d’emploi détaillés et accessibles lors de l’utilisation sur site. Il y a des préoccupations sur la privacy, le stockage des données biométriques, les risques de surveillance et le fait que les biométries ne peuvent pas être changées en cas de compromission.
L’exploration d’alternatives technologiques
Face aux limites intrinsèques de la reconnaissance faciale, le MSIT passe désormais en revue divers mécanismes alternatifs. Selon ses propres termes : « PIN au sein de l’application mobile ID fournie par le Ministère de l’Intérieur et de la Sécurité, identification humaine via appel vidéo, empreintes digitales ou scans d’iris ainsi que preuves bancaires » figurent parmi les options envisagées.
Pour synthétiser, ces orientations traduisent la volonté partagée d’un passage progressif vers une identité numérique sécurisée, mais surtout inclusive et transparente dans un paysage technologique sud-coréen qui avance à grand pas tout en tâtonnant encore sur certains aspects essentiels.
Europe : une identité biométrique mobile sous contrainte réglementaire
À la différence de la Corée du Sud, où les expérimentations avancent à grande échelle, l’Europe aborde la reconnaissance faciale mobile avec une approche beaucoup plus encadrée. Des acteurs comme IDEMIA maîtrisent pourtant des technologies de vérification faciale sur smartphone, déjà utilisées dans des parcours critiques comme le KYC bancaire ou l’identité numérique. Mais leur déploiement reste limité par un cadre réglementaire exigeant, notamment le RGPD et l’AI Act, qui classent ces usages comme sensibles, voire à haut risque.
À cela s’ajoutent des enjeux d’acceptabilité sociale; la crainte d’une surveillance généralisée ainsi que des défis techniques liés aux biais algorithmiques et à l’inclusion. Résultat : en Europe, la reconnaissance faciale mobile ne s’impose pas comme un standard universel, mais comme une brique parmi d’autres dans des architectures d’identité hybrides, combinant biométrie, PIN, ou vérification humaine. Une trajectoire plus lente, mais pensée pour arbitrer en permanence entre sécurité, souveraineté et confiance des citoyens.