Grâce à Claude, la NASA trace l’itinéraire du rover Perseverance sur Mars

Image d'illustration. AnthropicADN
La NASA a sollicité l’intelligence artificielle Claude pour déterminer l’itinéraire du rover Perseverance sur Mars. Cette collaboration vise à optimiser les déplacements de l’explorateur robotisé dans le but de faciliter ses missions scientifiques sur la planète rouge.
Tl;dr
- L’IA Claude d’Anthropic a guidé le rover Perseverance.
- NASA espère réduire de moitié le temps de planification.
- Les défis budgétaires renforcent l’intérêt pour l’automatisation.
L’intelligence artificielle s’invite sur Mars
Au fil des années, le rover Perseverance s’est imposé comme l’un des ambassadeurs technologiques les plus remarquables de la planète rouge. Parmi ses prouesses, il avait déjà offert à la communauté scientifique les tout premiers enregistrements sonores martiens.
Désormais, un nouveau cap vient d’être franchi : en décembre dernier, une section du cratère Jezero a été traversée grâce à un itinéraire élaboré par le chatbot Claude, développé par Anthropic. Un véritable saut technologique pour la NASA, qui exploite pour la première fois un large modèle linguistique dans la navigation d’un robot martien.
Une navigation complexe, entre précaution et innovation
La gestion des déplacements du rover demeure une entreprise délicate. Il faut sans cesse éviter qu’il ne bascule, ne s’enlise ou ne glisse sur les roches instables. Jusqu’ici, ce travail minutieux incombait aux équipes humaines du Jet Propulsion Laboratory (JPL) : elles dessinaient méticuleusement une « breadcrumb trail » – sorte de fil d’Ariane balisé par images satellites et caméras embarquées. Cependant, intégrer un outil tel que Claude n’a rien d’anodin. Avant même d’esquisser un trajet, il a fallu transmettre à Claude Code — l’agent de programmation maison — des années entières de données contextuelles issues du rover.
Claude a ensuite procédé par séquences d’une dizaine de mètres, affinant chaque segment grâce à des itérations successives. De leur côté, les ingénieurs du JPL, prudents, ont validé ces propositions via leur simulateur habituel avant toute transmission vers Mars. Quelques corrections mineures ont suffi — notamment parce que Claude ne disposait pas encore de certaines images au ras du sol — mais le chemin tracé a été largement conservé.
Efficacité accrue et contexte budgétaire tendu
Ce n’est pas rien : selon la NASA, l’appui de Claude pourrait diviser par deux le temps consacré à la planification des parcours et assurer davantage de régularité dans les déplacements. Voici ce que cela permettrait concrètement :
- Mieux répartir le temps entre conduite manuelle et collecte scientifique.
- Diminuer la formation fastidieuse des opérateurs.
- Multiplier les analyses et découvertes sur Mars.
Dans une période où l’agence spatiale subit des pressions inédites — près de 4 000 postes supprimés cet été sous l’effet des coupes décidées par l’administration Trump — chaque levier d’optimisation compte. Même si le Congrès a récemment préservé son budget scientifique face aux velléités présidentielles de réduction drastique, la tension reste palpable alors qu’on attend toujours un retour sur la Lune… avec moins de la moitié du personnel disponible lors du programme Apollo.
Ancrer l’autonomie dans l’exploration spatiale
Pour Anthropic, c’est aussi une consécration inattendue : là où son IA peinait autrefois à terminer un jeu Game Boy, elle trace désormais des routes entre les cratères martiens. L’avenir semble ainsi ouvert aux collaborations homme-machine ; déjà, certains imaginent que des systèmes autonomes pourraient bientôt explorer les recoins les plus reculés du système solaire. Une évolution qui pourrait transformer en profondeur nos missions scientifiques… même si beaucoup gardent à l’esprit qu’aucune intelligence artificielle ne remplace totalement le regard expert humain.