Stratégie nationale cybersécurité : 5 axes pour protéger la France

Image d'illustration. Scène dynamique centre cybersecuritéScène dynamique dans un centre de cybersécurité moderne en France avec des experts collaborant autour d'écrans tactiles lumineux.
Une stratégie ambitieuse pour faire de la France un leader cyber mondial. Éducation, souveraineté technologique et coopération internationale : l’État appelle citoyens et entreprises à un sursaut collectif.
Tl;dr
- Nouvelle stratégie nationale de cybersécurité dévoilée jusqu’en 2030.
- Cinq piliers pour renforcer la résilience et la souveraineté.
- La cybersécurité devient une priorité partagée par tous les acteurs.
Une mobilisation nationale face à la montée des menaces numériques
Ce jeudi 29 janvier, au cœur du Campus Cyber de Nouvelle-Aquitaine à Bordeaux, un nouveau chapitre s’ouvre pour la protection numérique française. En présence du directeur général de l’ANSSI, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a présenté la toute nouvelle Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030. Une initiative qui arrive enfin …. alors que les cybermenaces se multiplient et que leur sophistication inquiète, autant dans le secteur public que privé. Les plus grandes économies d’Europe — Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Espagne — figurent régulièrement parmi les pays les plus souvent visés par les cyberattaques, du fait de leur importance économique et numérique : Par exemple, le Royaume-Uni est souvent cité comme le pays européen le plus attaqué en volume global
Dans une enquête Mastercard/EN Europe, l’Espagne arrivait en tête des personnes ciblées par des scams ou attaques, avec 81 % des sondés déclarant avoir été visés, devant la moyenne (~77 %) sur plusieurs grands pays européens (France, Allemagne, Italie, UK)

Image d’illustration. Mastercard (2025)Mastercard - Euronews / PR-ADN
Cinque axes structurants pour l’avenir cyber français
Cette feuille de route s’appuie sur cinq grands piliers, déclinés en quatorze objectifs concrets afin d’assurer la résilience cyber du pays. Le gouvernement affiche une ambition assumée : faire de la France une puissance majeure, capable de protéger durablement ses citoyens, ses institutions, son économie mais aussi ses infrastructures critiques face à des attaques informatiques toujours plus ciblées. Pour y parvenir, la stratégie s’articule autour des axes suivants :
- Susciter dès le plus jeune âge une culture inclusive autour de la cybersécurité, et multiplier les formations spécialisées pour créer un vivier européen d’experts.
- Élever le niveau global de protection et préparer l’ensemble des acteurs aux crises induites par les cyberattaques.
- Endiguer l’expansion des menaces en mobilisant aussi bien le secteur public que privé.
- S’affranchir des dépendances technologiques et investir dans un marché européen robuste dédié à la cybersécurité.
- Plaider en faveur d’un cadre international solide garantissant stabilité et coopération au sein du cyberespace mondial.
Un prolongement stratégique et historique
Inscrite dans la continuité de la Revue nationale stratégique de 2025, cette nouvelle stratégie prolonge un engagement entamé dès 2018 sous l’impulsion du président de la République avec la première revue stratégique dédiée à la cyberdéfense. Sous l’autorité du Premier ministre Sébastien Lecornu, cette dynamique est aujourd’hui consolidée par un cap clair : transformer durablement la culture numérique nationale.
Quand l’enjeu devient collectif : entreprises et citoyens concernés
Pour Roland Lescure, ministre chargé notamment de la Souveraineté industrielle et numérique, il ne fait aucun doute que « la cybersécurité est un enjeu déterminant pour l’avenir des entreprises et pour notre souveraineté économique ». Il salue ainsi le travail entrepris par Anne Le Hénanff qui vise à soutenir les entreprises françaises sur le long terme. La ministre le martèle également : « La cybersécurité ne doit plus être un sujet d’experts mais l’affaire de tous. » À travers cette stratégie ambitieuse, c’est bien toute une nation – pouvoirs publics, secteur privé et citoyens – qui est appelée à se mobiliser pour bâtir un environnement numérique plus sûr d’ici à 2030.