L’IA industrielle dépend d’abord d’un réseau fiable pour capter et transporter la donnée. C’est là que la 5G privée commence vraiment à compter.
En bref
- La 5G privée doit prouver un ROI
- L’IA dépend d’abord du transport des données
- Le réseau redevient un actif stratégique
Huit heures de coupure, et environ 2 millions d’euros envolés pour un réseau de laboratoires. Vu comme ça, la 5G privée sort tout de suite du discours marketing. Ce qui compte, ce n’est pas qu’elle soit plus neuve que le Wi-Fi ou la fibre. C’est sa capacité à éviter une panne, à tenir une activité, à faire circuler la donnée quand il le faut.
Le vrai déclencheur, ce n’est pas la techno
Chez Ericsson, Arnaud Burel a démarré l’activité Enterprise Wireless Solutions en France en 2021 avec très peu d’appuis, un seul client, aucun distributeur et pas de partenaire. Le marché, en gros, devait d’abord être convaincu d’une chose simple, partir des usages.
Dans l’industrie, cela renvoie à la maintenance prédictive, à la robotique, à la traçabilité ou à la connexion de nouveaux équipements. Côté transport, c’est la continuité de service. En ville, la vidéoprotection. Et dans le retail, un réseau de secours quand la fibre tombe. La bonne question change donc de nature. Plus tellement pourquoi installer de la 5G privée, mais combien coûte l’absence de réseau.
Avec l’IA, la donnée doit d’abord arriver quelque part
On parle beaucoup de modèles, de GPU, de cloud. Moins de ce qui se passe avant. Pourtant, une IA industrielle n’apporte pas grand-chose si la donnée n’est ni captée correctement, ni transportée vite, ni disponible de façon fiable.
C’est là que la 5G privée reprend du poids dans la chaîne de valeur. Elle sert à faire remonter les informations depuis le terrain. L’IA, ensuite, exploite cette masse pour produire des décisions. Arnaud Burel résume l’idée d’une formule très juste, le réseau devient progressivement le « système nerveux de l’IA dans l’entreprise ».
Souveraineté, résilience, un terrain de jeu pour les telcos
La discussion sur la souveraineté numérique se bloque souvent sur le cloud et la localisation des données. Mais il reste une étape, quand même, trop peu regardée, le trajet lui-même. La donnée doit être transportée jusqu’au data center, et ce transport doit être à la fois fiable et souverain.
Pour les entreprises, les administrations, les services d’urgence ou l’industrie, maîtriser le réseau devient donc aussi stratégique que maîtriser le stockage ou le calcul. Pour les telcos, le sujet est assez clair. La connectivité n’est plus une commodité, c’est une infrastructure critique de la donnée et de l’IA.
Chez Ericsson, un marché encore en construction
Ce qui ressort aussi, c’est que le marché reste ouvert. Pas mature au point d’avoir figé ses cas d’usage. Selon Arnaud Burel, la capacité à découvrir de nouveaux usages peut même devenir un avantage concurrentiel. Et pour les opérateurs comme pour les intégrateurs, c’est sans doute là que la bataille commence vraiment, avant le cloud, au niveau du réseau.