160 ans de télécommunications : l’exclusion numérique ternit la célébration

Image d'illustration. World Telecommunication DayADN
Alors que l’UIT fête ses 160 ans, 2,6 milliards de personnes restent déconnectées. L’enjeu : faire du numérique un moteur d’inclusion, pas un facteur d’exclusion.
Tl;dr
- 160 ans d’UIT : progrès, mais inégalités numériques persistantes
- 2,6 milliards de personnes restent exclues, surtout des femmes
- L’inclusion numérique, clé d’un futur équitable et innovant
Une célébration au goût d’inachevé
L’Union internationale des télécommunications (UIT) souffle, ce 17 mai 2025, ses 160 bougies. Fondée à Paris en 1865, l’organisation a traversé les révolutions techniques – du télégraphe aux promesses de l’intelligence artificielle ou de l’informatique quantique. Si la longévité force le respect, ce jubilé s’accompagne d’un constat qui dérange : une large part de la population mondiale demeure encore en marge du numérique.
L’exclusion numérique frappe d’abord les femmes
Les chiffres s’imposent avec une froideur implacable : 2,6 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à Internet. Derrière cette statistique se cache une réalité sociale profonde : parmi celles et ceux laissés hors ligne, les femmes et les filles sont majoritaires. Ce n’est pas uniquement une question technique ou économique ; il s’agit aussi de pouvoirs et d’opportunités refusées. Car être écarté des outils numériques revient à être exclu des débouchés économiques, de la création technologique et même des lieux où se prennent aujourd’hui les décisions majeures.
L’égalité numérique : enjeu central du progrès collectif
Plusieurs éléments expliquent cette décision :
- La Journée mondiale des télécommunications et de la société de l’information (JMTSI) 2025 vient rappeler que la connectivité n’est pas synonyme d’équité. Alors que le monde commémore aussi les trente ans de la plateforme d’action de Beijing pour les droits des femmes, un message résonne avec vigueur : il est urgent d’accélérer l’intégration numérique des femmes.
- L’histoire même de l’UIT illustre la force du multilatéralisme face aux défis technologiques mondiaux. Mais dans un contexte où certains pays misent sur la 6G ou l’IA souveraine pour renforcer leur influence géopolitique, l’idéal coopératif semble parfois vaciller.
Connecter mieux plutôt que connecter plus ?
Face à ces défis, une question mérite d’être posée : « Comment éviter que la prochaine rupture technologique ne laisse quiconque sur le bord du chemin ? » L’ambition ne saurait se limiter à brancher chaque individu ; il faut repenser le sens même du progrès. L’enjeu crucial consiste désormais à faire du numérique un véritable levier d’inclusion. Autrement dit, « un monde connecté n’est pas forcément un monde juste ». Il appartient aux acteurs publics comme privés – mais aussi à la société civile – de renouveler collectivement l’esprit fondateur de l’UIT. Peut-être est-ce là le véritable défi pour l’année 2025 : garantir que cette connexion mondiale serve enfin toutes celles et ceux qu’elle a longtemps oubliés.