Publié le 18 mai 2020.
Par Morgan Fromentin

TSMC refuse les commandes de Huawei, ce dernier contre-attaque

Publié le 18 mai 2020.
Par Morgan Fromentin
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La guerre commerciale entres les États-Unis et la Chine, et plus particulièrement contre Huawei, n'est pas terminée, loin de là. Aujourd'hui, face à la pression américaine, TSMC a décidé de ne plus prendre de commandes de la part de Huawei.

Le président de Huawei Guo Ping a décidé de réagir aux contrôles d’exportation plus stricts mis en place par le gouvernement américain visant à faire cesser le géant chinois d’obtenir ses puces les plus importantes. Son plus gros fournisseur, TSMC, aurait ainsi déjà décidé de ne plus prendre de nouvelles commandes venant de Huawei.

TSMC cesserait d’accepter les commandes de Huawei

“Nous n’avons toujours pas trouvé de solution”, déclarait notamment Guo Ping durant une réunion annuelle dédiée aux analystes. “Le gouvernement américain persiste à attaquer Huawei mais quelles conséquences cela aura-t-il sur le monde ? […] Le gouvernement américain a décidé de poursuivre plus avant et d’ignorer totalement les inquiétudes de nombreuses entreprises et organisations de l’industrie. […] Cette décision est arbitraire et pernicieuse et menace d’ébranler encore toute l’industrie mondiale. Cette nouvelle règle va impacter l’extension, la maintenance et les opérations de réseaux coûtant des centaines de milliards de dollars que nous avons déployés dans plus de 170 pays.” Et de conclure : “Nous nous attendons évidemment à ce que nos affaires en soient affectées mais nous allons tout faire pour trouver une solution.”

Les nouvelles règles américaines ont été spécifiquement mises en place pour cibler Huawei et sa filiale de puces HiSilicon. Est notamment désormais exigée une licence pour toute expédition de la part de fabricants qui utilisent des technologies ou équipements américains. TSMC, de son côté, a nié les rapports affirmant qu’il avait cessé les commandes avec Huawei.

Le géant cherche de nouvelles solutions

Le géant chinois avait suggéré par le passé qu’il pourrait faire passer sa production par Samsung. Plus récemment, il explorait la possibilité de commander chez le chinois Semiconductor Manufacturing International Corporation (SMIC) qui vient tout juste de recevoir une aide de 2,2 milliards de dollars de la part du gouvernement chinois. SMIC est un très petit concurrent par rapport à TSMC, il lui faudrait encore un certain temps avant de pouvoir répondre aux besoins de Huawei. À titre d’information, SMIC a tout juste démarré la production de masse du processeur HiSilicon Kirin 710A en 14 nm alors que TSMC s’apprête à produire en 5 nm.

“Cette décision du gouvernement américain n’affecte pas uniquement Huawei. Cela aura un énorme impact sur un grand nombre d’entreprises internationales. […] À terme, cela fera même du tort aux intérêts des États-Unis.” Richard Yu, président de la division grand public, allait plus loin : “Ces raisons soi-disant de cybersécurité sont à peine une excuse. […] La clef, ici, est la menace envers l’hégémonie technologique des États-Unis.”

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