Publié le 18 décembre 2020.
Par La Rédaction

La France met du temps à fabriquer des leaders, le cas de la fintech Lydia

Publié le 18 décembre 2020.
Par La Rédaction

Lydia vient de lever 86 millions de dollars dans la série B, le tour de financement total de la série B s'élève désormais à 131 millions de dollars, ce qui en fait le plus grand tour jamais levé par une fintech française.

En 2010, un article sur SM montrait que l’innovation dans les paiements sur mobile allait s’accélérer. Maintenant qu’elles commencent à avoir une présence mobile, les marques vont vouloir passer d’une logique de service à une logique de transaction. L’essentiel ne viendra pas du NFC (malgré quelques nouveaux terminaux et la “répétition générale” de Nice) mais des micro-paiements (biens virtuels, etc), de l’application billing (les concurrents d’Apple et notamment Android Market vont s’ouvrir à la facturation opérateurs) et des paiements à distance (transactions e-commerce depuis les smartphones, m-parking, m-ticketing) ancrés dans les usages quotidiens. Il va être intéressant de surveiller certaines startups (Zong, Square…) mais aussi Apple, qui a le potentiel de challenger le marché avec une offre en propre.

Nous avons découvert Lydia sur la conférence LeWeb en 2014 (fondée en 2013). Leur stratégie s’est attelée à capturer les utilisateurs 18-30 ans, 85% des usages sur l’application et en particulier sur les campus et les usages des étudiants dans ce cadre, ainsi que les commerçants dans la zone des campus universitaires (avec 1 800 commerçants affiliés).

L’application Lydia avait signé une des plus grandes levées de fonds (3,6 M €) dans le mobile en 2014. Depuis, ils ont levé environ 130 M €. L’objectif du service est de permettre de tout payer avec votre mobile, en toutes situations. Que ce soit pour vous rembourser entre amis ou pour régler des professionnels. Et tout particulièrement les professionnels qui ne peuvent pas encore accepter la carte, vous contraignant malgré eux à aller au distributeur ou à chercher votre chéquier pour les régler. À l’époque, en France il y avait pas mal de startups sur ce qui s’appellera la fintech comme Paytop, Kiips, SumUP, Skimm, ScanPay, LemonWay, Tagattitude, iZettle, Payleven, Flashiz, Square, Kuapay, Affirm, Famoco, Zooz, Dwolla, Obopay, etc. Certaines ont disparu, d’autres ont explosé comme Square.

Dans le rétroviseur

En 2016, la startup va aller chercher de la croissance et démocratiser l’utilisation du paiement à travers une niche. Lydia vient d’annoncer un partenariat avec Tupperware pour les aider à introduire le paiement mobile dans les réunions à domicile, et y simplifier les paiements.

En 2018, un grand nombre d’applications fintech proposent désormais des services spécifiques : Agrégateurs de comptes, Paiement P2P, Investissement, et autres. Elles enregistrent les meilleures progressions sur les téléchargements en France. Globalement, c’est l’agrégation de comptes, les paiements (P2P et commerçants) ainsi que les apps d’investissement (Robo advisors ou Micro investissement automatisé) qui génèrent les plus fortes croissances du marché français.

Dans le même temps, une croissance de +37 % du temps passé dans les applis de la catégorie finance sur Android, soit 35 millions d’heures. Les applications Fintech enregistrent une progression de 200 % d’utilisateurs actifs en France, elles ciblent les besoins spécifiques de la banque de détail. Le risque croissant, c’est que les services bancaires traditionnels continuent à être dissociés, les consommateurs choisissant l’option la plus adaptée et la plus avantageuse pour chacune de leurs exigences. On peut dire qu’en 2020, c’est ce qui c’est passé : Revolut, N26…

En 2018, Lydia traite environ 1 million de transactions par mois – 25 millions d’euros de volume mensuel. Il y a plus d’un million d’utilisateurs enregistrés, avec plus de 2 000 personnes signant chaque jour. Elle a lancé le Royaume-Uni, en Irlande, en Espagne et au Portugal.

Cycle de financement :

  • 2013 > 600K€
  • 2014 > 3.6M€
  • 2016 > 7.8M€
  • 2018 > 16.1M€ (CNP Assurances)
  • 2020 > 40M€ (Tencent)
  • 2020 > 70M€ (Accel)

2019

Le grand succès de Lydia vient de sa fonctionnalité de paiement de personne à personne.

Lydia a récemment élargi son offre de produits pour devenir une application de guichet unique pour la vie financière. Les utilisateurs peuvent désormais obtenir des comptes, des cartes de paiement, des prêts, des assurances, des pots d’argent et des cartes-cadeaux ; certains produits sont développés en interne tandis que d’autres sont fournis par des partenaires tiers. Ils viennent de lever 86 millions de dollars dans la série B, le tour de financement total de la série B s’élève désormais à 131 millions de dollars, ce qui en fait le plus grand tour jamais levé par une fintech française. Leur force est d’avoir 2 fondateurs qui sont restés à la barre malgré les difficultés et enregistré une croissance de presque 100 % organique des utilisateurs.

L’investissement de Tencent en janvier 2020 en série de B de 40 millions d’euros à accélérer, stratégique pour le chinois d’avoir une base en Europe pour accueillir les touristes chinois. Bien sûr, le Covid-19 a donné une tout autre tournure, qui d’ailleurs est plutôt un bénéfice net pour les investisseurs. Les paiements ont explosé depuis mars : un Français sur cinq a déjà utilisé son smartphone pour payer sans contact en magasin (+6 points en 18 mois) et un sur 10 le fait régulièrement. Les jeunes actifs (25-34 ans) sont particulièrement adeptes (31 % l’ont déjà utilisé).

On peut aussi citer Treezor, la start-up française spécialisée dans le banking-as-a-service qui fournit les services bancaires et de paiement nécessaire aux fintechs en Europe par le biais d’API. Treezor est en particulier à l’origine du succès et des services de plusieurs fintechs françaises en forte croissance : Qonto, Lunchr, Shine, et Lydia…

Plus de 35 % de leurs plus de 4 millions d’utilisateurs ont entre 18 et 24 ans (25 % des Français âgés de 18 à 30 ans ont un compte Lydia). Le segment à la croissance la plus rapide et maintenant le plus grand groupe de leur base d’utilisateurs est le groupe des 25-30 ans avec 49 % de notre clientèle. Vient ensuite le groupe des 30-40 ans qui représente 11 %.

Amit Jhawar, partenaire d’Accel, rejoint leur conseil d’administration. C’est l’ancien directeur général de Venmo – fondée en 2009 racheté par Paypal en 2014 (800 millions de dollars pour Braintree qui possédait l’app Venmo que lui même avait acheté). Paypal a dépensé plus d’un milliard de dollars pour mettre la main sur des spécialistes de paiements.

Accel qui est la société de capital-risque qui vient d’investir à un portefeuille prestigieux dont de nombreuses startups françaises, ils ont plus de 300 exits dont Flipkart, Slack, Facebook… Donc si on résume, l’accélération vient des fonds étrangers en 2020 ! En espérant que cette pépite garde sa marque, son équipe et devienne une marque incontournable du paiement en Europe, l’acquisition est en route ! (série E ?)

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