Royaume-Uni: trois mois donnés à Apple et Google sur les nus

Image d'illustration. La menace d'une loi se precise au Royaume-Uni.ADN
Le Royaume-Uni met la pression sur les géants mobiles: sous trois mois, ils doivent bloquer les images nues sur les appareils d’enfants, sinon la loi suivra.
En bref
- Trois mois pour activer les blocages
- Apple et Google sont visés
- La loi pourrait suivre rapidement
Le sujet est très concret pour l’écosystème mobile. Le Royaume-Uni ne demande plus seulement de mieux modérer les plateformes, il veut des protections natives directement dans les smartphones et les tablettes utilisées par des enfants. Et il laisse trois mois aux industriels pour s’exécuter.
La pression monte sur les fabricants de smartphones
Cette fois, la cible est claire. Le Home Office britannique dit que des groupes comme Apple et Google doivent activer des outils embarqués capables d’empêcher les mineurs de prendre, d’envoyer ou même de voir des images nues sur leurs appareils.
L’ambition affichée est lourde politiquement. Le gouvernement affirme vouloir faire de la Grande-Bretagne le premier pays où un enfant ne pourrait tout simplement pas créer, partager ou consulter ce type de contenu depuis son terminal. Pour les acteurs du mobile, ce n’est pas un simple réglage de contrôle parental. C’est une demande de design système, au niveau de l’appareil.
Le pari politique, bloquer sans surveiller
Là où le dossier devient sensible, c’est sur la vie privée. Le gouvernement insiste sur un blocage opéré sur l’appareil lui-même, sans collecte de données, sans surveillance et sans signalement.
Bon, le message est limpide: Londres veut éviter le procès en intrusion. Les adultes de plus de 18 ans garderaient l’accès aux contenus pour adultes, à condition d’apporter une preuve d’âge. En gros, la ligne politique consiste à dire qu’on peut renforcer la sécurité des mineurs sans transformer le smartphone en outil de contrôle généralisé.
Pourquoi le gouvernement hausse le ton
Si l’exécutif accélère, c’est aussi parce que les chiffres qu’il brandit sont difficiles à contourner. Le Home Office avance que 91% des signalements d’abus sexuels sur mineurs en ligne enregistrés en 2024 contenaient des contenus auto-générés.
Et le plus dur est là. Des enfants âgés d’à peine cinq ans seraient manipulés ou forcés de produire des images explicites. Depuis London Tech Week, le Premier ministre Keir Starmer a expliqué que l’industrie devait traiter ce sujet en urgence. Il a aussi défendu une idée simple, « Si nous voulons vraiment libérer les opportunités qu’apporte la tech, alors nous devons aussi vraiment protéger nos enfants de ceux qui cherchent à en abuser, les prédateurs en ligne ». Puis il a ajouté que la technologie devait « s’adapter aux besoins de la société, pas l’inverse ».
Si l’industrie traîne, la loi prendra le relais
Le gouvernement ne s’arrête pas à la pression publique. Si les entreprises ne bougent pas dans les délais, il prévoit d’imposer cette activation par la loi.
Résultat? Les sanctions envisagées vont des amendes à une possible responsabilité pénale des patrons de la tech, présentée comme un dernier recours. Keir Starmer a prévenu que si les groupes choisissaient de ne pas agir, l’exécutif interviendrait et changerait la loi. Pour le secteur mobile, le signal est clair: le terminal devient un terrain central de la régulation.